[Transcaucasie] – Discrètes capitales

Du 11 au 15 juillet 2018

Où l’on commence la découverte de la Géorgie et de l’Arménie par leurs capitales, tout en se rapprochant de notre point de départ de traversée en vélo, depuis l’Arménie.

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On n’entre pas dans un voyage d’un claquement de doigts, comme si dès l’instant où l’on posait le pied sur un nouveau territoire, on serait en mesure d’en prendre la vraie dimension, sans avoir recours à ses propres certitudes.  Il faut pouvoir se défaire de ses représentations culturelles, de ses repères, de ses a priori, réaliser en quelque sorte une « vidange » de l’esprit, pour être prêt à accueillir la nouveauté.

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Dans les rues de Tbilissi

Les journées passées à Tbilissi et Erevan vont nous servir de sas d’entrée dans ces républiques de l’ex Union Soviétique, à l’histoire complexe.

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Fresque d’un passage souterrain de Tbilissi

Car à travers ces villes, nous avons éprouvé toute la palette de sentiments du nouvel arrivant dans un environnement dont il ne maîtrise pas encore tous les codes. Les codes architecturaux en premier lieu !

Impossible pour nous de ne pas osciller entre profond dégoût devant la laideur et la pauvreté des banlieues miteuses, aux immeubles déroulant leurs façades lézardées grises, lugubres ; puis fascination face à la vitalité des centres villes, devant la foule animée qui se rassemble chaque soir à la tombée du jour lorsque la chaleur retombe, et qui nous montre le véritable cœur du pays.

En effet, après des journées de canicule, dans ces capitales au charme désuet, le soir chacun sort endimanché  en famille, entre amis, discute sous les grands arbres, mange autour de grandes tablées, et s’amuse simplement : concerts de rue, jeux forains (fléchettes, paris en tout genre…).

On a même vu des VTT pour adultes en location le soir pour faire le tour de certaines places ! Les vélos sont totalement absents des rues, et restent encore une simple attraction, mais pas vraiment un mode de déplacement.  Le plaisir d’être ensemble, surtout à Yerevan en Arménie, est bien palpable, malgré un quotidien souvent difficile. Pourtant ici règne une dolce vita toute méditerranéenne en plein cœur du Caucase.

Aline, rencontrée à Yerevan, nous décrit son Arménie : « Nous sommes un peuple joyeux malgré notre histoire, nous aimons la vie, nous avons besoin de nous amuser, et tant pis si les lendemains sont difficiles, si toute la paye a été dépensée la veille au soir. Nous ne calculons pas, nous préférons profiter de la vie ».
Lors d’un trajet en taxi le long de la frontière avec l’Azerbaïdjan, à proximité du Haut Karabagh (région d’Azerbaïdjan revendiquée et proclamée autonome par l’Arménie), nous suivons un camion militaire et sa garnison. Le chauffeur se met à hauteur du camion et lance un paquet de bonbons aux jeunes soldats, qui le réceptionnent en riant : « Ils sont notre fierté, dit-il. Si on vit en paix en Arménie c’est grâce à eux. C’est parce qu’il garde nos frontières. »
Faire la fête pour oublier un quotidien incertain et des voisins (comme la Turquie et la Russie) bien trop imposants pour ces minuscules pays.

Retour en images et commentaires sur ces quelques jours passés sans les vélos :

Tbilissi – 11-12/07/2018

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Tbilissi vue depuis la forteresse, accessible en téléphérique

En nous réveillant en milieu de journée, suite à notre arrivée en pleine nuit, la chaleur nous surprend. Les fortes températures relevées ces derniers jours (44°C) semblent se maintenir. Les premiers sons entendues nous étonnent : un concert de cigales assourdissant dans toute la ville !  Différentes personnes rencontrées nous confirment que cette canicule est exceptionnelle. Cette année a été particulièrement sèche, peu de neige  en hiver et un printemps très précoce avec les premiers fruits apparut des le mois d’avril . Dans notre Hostel, l’absence de circulation d’air rend la chaleur accablante, nous dégoulinons sans faire le moindre effort. Nous logeons dans le Pinn Hostel, petite auberge où nous avons un dortoir de 6 personnes à notre disposition, avec lits superposés à trois étages, deux petites salles de bains et un petit salon. Royal, pense-t-on !

Mais c’est une méprise, et nous n’avons sûrement pas compris les règles de fonctionnement !! En effet, alors que nous fermons à clé la porte pour la nuit, nous avons la surprise de la voir se réouvrir à plusieurs reprises, avec un tourne-vis : c’est très simple, nos deux salles de bains-WC sont en fait communes à une partie de l’Hostel ! Un post-it collé à la porte le lendemain nous informe que nous devons laisser ouvert à toute heure de la journée et de la nuit. Tout de suite, c’est moins royal comme concept ! Voire même assez flippant quand on se réveille en sursaut la nuit en distinguant des ombres qui entrent et sortent furtivement … pour éviter de nous réveiller !
Nous profitons de ces deux journées pour explorer une partie de la ville et comprenons rapidement qu’il faut vivre le soir pour échapper à la chaleur. Nous avons tout de même le plaisir de découvrir le centre ville et ses ruelles de bric et de broc, ou tous les styles architecturaux se côtoient pour aboutir à une atmosphère paisible.

 

Yerevan – 13-15/07/2018

Dernier transit pour rejoindre Yerevan, capitale de l’ Arménie et point de départ de notre traversée. Nous logeons à l’Envoy Hostel, qui, une fois encore combine dortoirs, chambres individuelles, cuisine commune et salon. Mais ici le confort est bien différent de Tbilissi, intérieur entièrement neuf, déco cosy : l’endroit est une véritable auberge de jeunesse où l’on rencontre de nombreux voyageurs (surtout des américains lors de notre passage).

Comme à Tbilissi, les restau, magasins, et ici une partie de l’Hostel sont situés dans les caves. Surprenant au premier abord, surtout quand on connaît la forte activité sismique de la région (35000 morts à côté d’Erevan en 1988) ! On se surprend alors à penser à la manière de ressortir de là, en cas de tremblement de terre. Mais peut être vaut-il mieux être à la cave plutôt que dans les étages, supposant qu’au vu de la qualité des constructions, les bâtiments ne résisteraient pas très longtemps aux convulsions terrestres !

Yerevan nous charme véritablement par l’ambiance unique qu’il y règne, mélange de métropole et de petite ville provinciale.

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Fontaines publiques que l’on retrouve partout.

Un soir, Titouan joue au foot avec Seb, dans un parc de la ville, un homme se joint à nous et finira par donner un bracelet et une bague en cuir à Seb en le bénissant. Nous n’avons pas tout compris, mais le moment partagé était très sympathique.

Côté foot, après avoir suivi à Tbilissi la petite finale dans un joli restau , nous suivons la finale France-Croatie dans l’English Park où est installé un écran géant. Le parc jouxte l’Ambassade de France, mais la plupart des arméniens présents soutiennent la Croatie. En effet, les arméniens parient énormément, et ce soir les paris sont lancés sur la Croatie. Ce qui engendre une drôle d’ambiance pour nous les français ! A chaque action et but français, c’est un silence de mort voire des sifflements qui retentissent, Titouan se retrouve alors bien seul à crier « Vive les bleus » avec son petit drapeau fabriqué pour l’occasion. Nous rejoignons alors le côté des arméniens qui soutiennent les français, et fêtons la victoire avec Monsieur l’Ambassadeur, venu pour l’occasion !

Avant de quitter, enchantés, les villes pour les montagnes, et le massif du Geghama à vélo, nous finissons par quelques visites plus culturelles : le Musée National qui permet de comprendre l’histoire de l’Arménie depuis ses premiers peuplement, en passant par le génocide de 1915, puis par l’histoire récente de cette petite république. Impossible de venir en Arménie sans passer par les inévitables monastères. Nous allons donc visiter la cathédrale d’Echmiadzin, l’un des premiers lieu du christianisme. Lors de notre passage, un dimanche, une cérémonie a lieu, rendant le complexe particulièrement vivant.

Pour finir, une collection de Karchkar, littéralement « pierres à croix », que l’on rencontre partout, en pleine campagne comme dans les monastères. Sculptées dans le basalte, leur finesse fait penser a des sculptures sur bois, certaines sont très anciennes :

2 réflexions sur “[Transcaucasie] – Discrètes capitales

    • Oui c’est chaud ! Mais d’après ce qu’on a pu comprendre au gré des rares connexions possibles, c’est la canicule partout en Europe… Bravo à vous, bon anniv’ au petit lou et bonne itinérance.

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