[Transcaucasie] – Tous ensemble, tous !

10/07/2018

Où le souvenir du transport épique des vélos à l’étranger se rappelle brutalement à nous, où la demi-finale de la Coupe du Monde de foot occupe nos esprits durant ces heures de transit.

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Aéroport de Moscou à l’heure du Mondial de foot

Ce matin en quittant la maison, nous savons qu’une longue journée de transit nous attend… et ses inévitables imprévus. Cette année nous avons misé sur la légèreté, mais nos bagages impressionnent toujours autant les non-habitués des voyages à vélo en famille : 4 cartons à vélo et 3 grands bags de sacoches nous accompagnent. Dans la même matinée j’ai compté qu’on nous aura demandé 5 fois si nous déménagions !!!

Nous partons de la maison en bus, et comme toujours, le bon déroulement de notre transport dépend étroitement de l’humeur du chauffeur, aussi variable que  les caractères de l’espèce humaine…

Acte 1 « Vercors-Grenoble » : au petit matin à la gare de Lans, alors que nous attendons sagement alignés derrière notre forteresse de cartons, le visage du chauffeur de bus Trans Isère n’augure rien de bon. Il va falloir la jouer finement. (Dans l’échange qui suit, nous retranscrivons ce qui est dit, ce qu’on pense vraiment, et qu’il vaut mieux eviter de  dire !).

– Bonjour monsieur, vous allez bien à la gare de Grenoble ? (Entrée en matière « bateau » pour tâter le terrain…)
– Mwoui.
L’homme détourne la tête… (Oups, toi tu n’es pas de la meilleure composition…)
– On peut commencer à charger alors, pour ne pas vous retarder ?
– Hein ? Avec tout ça ?
– (Ben, tu es drôle ! Oui avec tout ça, on n’a pas entreposé des cartons ici à 7h du mat’ pour faire joli !) Heu, oui, nous comptons voyager à vélo, et nous les transportons jusqu’à notre point de départ, mais ne vous inquiétez pas, on va tout charger nous mêmes, hein !
– Mais ça va JAMAIS rentrer ! C’est impossible.
– (Ah toi tu ne connais pas TSAGA, les rois du Tetris !) Si si, vous allez voir, on va optimiser la soute, on a un peu l’habitude.
– Non mais j’suis pas un cargo moi, j’prends pas tout ça! Non non…
Ça se corse. On commence même à imaginer scinder la famille en deux si besoin, car un second bus part 15 min plus tard. Mais bon, c’est une solution de dernier recours car il est plus simple de se déplacer « tous ensemble ». Une vraie équipe quoi !

Tandis que le chauffeur passe un coup de fil à ce qu’on imagine être ses collègues, en maugréant, nous ne lui laissons pas trop le temps de réfléchir… l’expérience nous a appris qu’il faut agir vite dans ces situations. Généralement lorsque tout est chargé rapidement et correctement, la pression retombe et même si les chauffeurs nous lancent des regards sombres, ils ne peuvent plus refuser de nous transporter. Sauf que là, il nous faut 2 soutes et le bougre n’est pas enclin à nous ouvrir la deuxième.
– Et si j’ai des vélos qui montent en cours de route, j’fais comment moi ? Z’y avez pensé ?
– (Certes, ça c’est un argument valable, mais je pense que tu peux faire comme beaucoup de chauffeurs dans le Vercors, et mettre un vélo à l’intérieur ? Peut-être ?) Ah oui en effet, vous avez raison, on va tout faire pour qu’il reste de la place, on prendra des sacoches avec nous dans le bus.
– Ah non c’est pas possible, tout doit être en soute !
– (Ah ben faut que tu y mettes un peu du tiens quand même !) Regardez, il reste de la place ! (heum… 50 cm², mieux vaut ne  pas trop la ramener inutilement).
Alors qu’on s’installe, le chauffeur revient vers nous :
– Ouai mais non quoi ! C’est pas possible ce genre de truc, j’suis pas un cargo moi !
– (A ce moment de l’échange, ce qu’on pense sort directement de nos bouches !) Mais on a téléphoné à Trans Isère qui nous a confirmé que le transport des vélos était autorisé, qu’il n’y avait aucun problème ! Expliquez nous  juste pourquoi des fois ça se passe super bien et dans la bonne humeur, et de temps et temps, selon les chauffeurs c’est l’enfer ?! C’est pas logique, non ? Comment voulez vous qu’on s’organise ?
Pas de réponse. Mais le trajet se déroule sans encombre,  avec moins de 10 passagers a bord !

Acte 2 « Grenoble – Aéroport de Lyon » : La navette est bondée, et là ce n’est la chauffeuse qui nous pose problème, car la foire d’empoigne qui débute devant ses soutes la laisse de marbre ! Chacun sa m… En effet chaque voyageur joue des coudes pour caser sa valise en dépit du bon sens, « prem’s, prem’s!!! » pourrait-on presque entendre. Nous entrons complètement dans les coffres pour ranger tout ce bazar, afin de faire rentrer nos vélos, au risque d’être confondus nous mêmes avec de simples gros sacs ! En effet, les valises continuent d’affluer et d’être bourrées, comme si nous n’avions pas besoin de ressortir de là-dedant un jour. Pire, une femme demande même sèchement à Seb de ranger sa valise, peut-être l’a-t-elle pris pour un manutentionniste dûment payé pour faire le boulot des autres ?

Acte 3 « Lyon – Moscou » : arrivés avec 2h30 d’avance à l’enregistrement, nous pensions « être large » en termes d’horaire. C’était sans compter sur les imprévus qui font les « charmes » (après coups) du voyage. Comme toujours, après l’enregistrement, on nous demande d’aller déposer nos cartons vélos hors format, au niveau du comptoir des encombrants. Pour cela il nous faut prendre deux ascenseurs, c’est-à-dire débarquer les cartons vélos des chariots car ils ne passent pas les portes, faire monter les chariots, remettre les cartons dessus… un peu galère quand on le fait une fois, mais … durant deux bonnes heures nous allons parcourir des kilomètres de couloirs, monter et descendre 8 fois les ascenseurs, se faire trimbaler entre le guichet 11, puis 24, puis le numéro complémentaire le 10, passer du Terminal 1 au 2, sans pouvoir faire accepter nos cartons nulle part !!!

A 30 min de l’embarquement, le stress monte d’un cran, nous retournons au comptoir de notre compagnie. Après encore 10 min d’attente d’une bonne âme qui comprenne l’urgence de la situation, un homme ferme alors son guichet enregistrement et nous prend en charge. Commence alors une course effrénée : nous retraversons à nouveau les 2 terminaux, les ascenseurs, sortons carrément de l’aéroport pour amener nos bagages dans des hangars. Ici on fait déballer tous les cartons vélos pour le contrôle sécurité qui n’a pas pu être fait, sortir un à un les vélos, rescotcher les cartons comme on peut en comptant sur notre bonne étoile pour qu’ils ne s’ouvrent pas lors des correspondances…

Après cela, il reste à passer les contrôles de sécurité pour embarquer, course dans l’autre sens, Titouan n’arrive plus à suivre… On nous fait passer en V.I.P., et on arrive comme des dératés tandis que les portes de l’avion se referment…

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Bonbons ballons de foot en chocolat, dans l’avion !

Acte 4 « Moscou-Tbilissi » : cette année nous voyageons avec la compagnie Aéroflot, et à l’heure de la Coupe du Monde en Russie, nous avons droit à un repas au couleur du mondial, ce qui enchante (le mot est faible) Titouan, véritable fan de foot jusqu’au bout des ongles. De son côté Adélie trouve un Paris-Match en français et lit l’article sur le transfert de Simone Veil au Panthéon : les influences culturelles et éducatives de nos enfants s’avèrent être aux antipodes !

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Adélie lit l’entrée de Simone Veil au Panthéon.

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D’autres apprennent le Russe par dessus le coude des voisins !

A l’aéroport de Moscou, nous espérions une véritable ambiance « Coupe du monde », au moins un ou deux écrans de retransmission des matchs, mais niet. Nous échouons finalement au Subway où nous assistons à la qualification des bleus pour la finale !

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Le coup d’envoi de la demi-finale France-Belgique à l’aéroport de Moscou.

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Titouan devant la mascotte du Mondial

Acte 5 « Tbilissi » : à l’arrivée à Tbilissi nos bagages sortent en premier, et rien de manque, chose suffisamment rare pour être signalée ! Nos cartons ont bien voyagé, et ont été rescotchés. Deux taxis nous attendent à l’extérieur, ils sont morts de rire en découvrant notre chargement, et nous aident efficacement avec une grande gentillesse, à rejoindre au milieu de la nuit notre hébergement en centre ville.

DODO !!

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Les quatre cartons entrent dans le coffre de la Mazda, à la sortie de Tbilissi, en Géorgie

 

 

2 réflexions sur “[Transcaucasie] – Tous ensemble, tous !

    • En effet 😁. Mais cette année nous jouons tranquillement aux touristes en ville avant d’aller nous « perdre » en montagnes ! Nos experiences passées ont montré que debrayer avant d’imploser pouvait être une très bonne idée! Bonne route également avec votre tout petiot, vous êtes bien courageux !

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