Un peu de hauteur

Une petite grimpette sur le Huayna Potosi à 6088 m.

23-24 juillet 2015

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Par Ariane (en général, on écrit à 4 mains, mais là comme il s’agit de ma petite virée, je parlerai à la 1ère per. du sing.)

C’est bien le vélo, mais rouler dans des villes poussiéreuses comme dernièrement à El Alto (~1 million d’habitants) et apercevoir en toile des fond des sommets magnifiques, ça donne envie d’aller voir plus haut !

Avec nos vélos déjà bien chargés, nous n’avons pas pris de matériels spécifiques de (haute) montagne (chaussures, crampons, piolet), hormis ce qui nous sert à vélo (casque et vêtements techniques). Mais qu’à cela ne tienne, La Paz propose tout en location.

Par ailleurs, on ne peut pas partir n’importe où et avec n’importe qui, donc il faut choisir des objectifs raisonnables en termes de  sécurité.

Le Huayna Potosi est l’un des « 6000 » les plus facile des Andes, et se trouve à une quarantaine de km de La Paz (1h30 de piste).

Après contact auprès de l’Agence « Climbing South America », assez sérieuse dans la jungle des agences fourre-touts, je me greffe sur un groupe en partance le lendemain de notre arrivée. Le groupe est constitué de 4 « p’tits jeunes » anglais et allemands. 3 guides boliviens nous sont affectés. Toutes les agences proposent des « guides », pas toujours faciles de savoir ce qu’il se cache derrière cette appellation. Certains sont affiliés à l’UIAGM, Union Internationale des Guides de Montagne .

Nous partons le 23/07 au matin de La Paz, en direction du camp de base au Paso Zongo à 4780 m, où Seb et les enfants vont passer la nuit dans un des petits refuges et la matinée du lendemain, tandis que je continue directement au Campo Alto à 5130 m.

Bon, les « p’tits jeunes » accusent le coup de l’altitude, et la montée de 400 m prend des heures… Mais nous arrivons tout de même au refuge de Campo Alto, à 5130 m. Comptant une trentaine de places, il est bien agréable et plein de lumière.

Nous nous organisons : les anglais formeront une cordée avec leur guide, les allemands idem, quand à moi je serai avec Felix, un guide d’une cinquantaine d’années qui connait parfaitement « sa » montagne. Sauf, que chez les p’tits jeunes, c’est pas la grande forme ce soir, ils ont du mal à manger, ont mal à la tête, mangent cachetons sur cachetons, etc…

Les guides décrètent que comme je marche vite (ah bon ? pourtant, dans les montées  à vélo, on a du mal parfois à avancer avec Adélie ! ;). Ce ne serait pas plutôt les autres qui n’ont pas du tout la forme ?!), et donc que je ne partirai qu’à 2h du mat’, au lieu de 1h et 1h30 selon les cordées. Sauf qu’à 0h20, quand tout le monde se lève et déjeune dans la même pièce, merci la « grasse mat’  » ! Je me lève en même temps, et une fois le refuge déserté, nous discutons avec Felix, en attendant notre « top départ »…

On démarre doucement à 2h, mais au bout de quelques minutes et 100 m de D+, des frontales nous attendent : un des p’tits jeunes anglais se sent mal, il redescend avec un des guides, tandis qu’on accroche le second à notre cordée, mais il ne semble pas bien frais non plus…

Commence alors une loooongue montée nocturne, s’apparentant à un parcours du combattant : le p’tit anglais n’a jamais mis de crampons, jamais tenu un piolet, sur le plat, ça passe, mais dès que ça monte, aïe, aïe, aïe… Et surtout il doit s’arrêter en s’effondrant par terre à intervalles réguliers, idem pour ses copains allemands, que nous attendons comme il se doit…

Plus embêtant, même si Felix est très sympathique et bien ouvert à la discussion, il y a des choses qui passent mal : s’arrêter en (gros) groupes au bord des crevasses (idéal pour les pauses, non, un p’tit saut de quelques dizaines de mètres ? Car même s’il fait nuit, si les températures sont très négatives, et qu’on est sur une « autoroute », on devine de jolis trous sur les côtés !), ne jamais marcher corde (à peu près) tendue, ne jamais vraiment planter son piolet, donc si l’anglais glisse (ce qu’il fait à 2 reprises, dans les passages les moins recommandés pour ce genre d’acrobaties), dur dur de rattraper tout le monde… Bref, après quelques coups de stress, et une bonne GROSSE discussion, il est décidé que je ne ferai cordée qu’avec Felix, comme prévu, et les 3 autres resteront ensemble avec le jeune guide expérimenté.

Ca va tout de suite beaucoup mieux ! Même s’il faut rester vigilant question sécurité avec Felix, on marche à une allure normale. Felix me fait comprendre que c’est mieux ainsi, et semble aussi content que moi de cette réorganisation. En effet, il risque sa vie tous les jours en « traînant » des gens qui ne sont jamais allés en haute montagne avant ces premières expériences andines, et pour lesquels des agences peu scrupuleuses de La Paz promettent des sommets « faciles ». Je n’ose pas lui demander : mais à la descente je l’entends murmurer tout le long, et quelques bribes me parviennent, prie-t-il ? Je n’en sais rien, mais j’ai l’impression. On croise des dizaines de militaires boliviens en entrainement, en cordées de 10 personnes minimum !

A 7h, peu de temps après le lever de soleil, on atteint le sommet par une crête finale. La vue porte à la fois sur l’Altiplano (y compris le Titicaca), La Paz et le bassin amazonien recouvert d’une mer de nuages qui s’étend à perte de vue. A 9h on est redescendu au Campo Alto, et après une bonne soupe on arrive à 10h30 au camp de base où on rejoint Seb et les enfants qui jouent dehors.

En conclusion : le Huayna Potosi est un superbe belvédère sur La Paz et les environs, pas trop technique à part le passage de la rimaye en glace, et la pente finale. Mais si on n’a pas d’autres choix que de partir avec un guide local, bien rester vigilent avec la personne avec qui on s’encorde, et les groupes formés, car on voit de tout là-haut !… Question altitude, pour ma part, je n’en ai pas ressentie le moindre effet (une bonne (courte) nuit, pas le moindre mal de tête ou essoufflement). Donc bien acclimaté, c’est un sommet qui est très accessible.

2 réflexions sur “Un peu de hauteur

    • En effet, les parrainages et formations entre le milieu montagnard français et les guides boliviens existent, et sont très appréciées : à toi de jouer ! Un échange FFME / CAF, etc.., ça pourrait être une expérience super sympa, non ?

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