Cap au Sud ! A ski, de la Maurienne au Queyras

Un raid à ski entre copains, pour traverser un petit bout des Alpes occidentales, sans utiliser la voiture.

Du 20 au 24 février 2019

Avec : Jeanne & Nico, Fanny & Vincent, Ariane & Seb

Petit récit de Seb, en images ci-dessous :

Un ciel invariablement bleu, une météo qui laisse peu d’espoir aux nuages. Comme une bonne partie de la France, les Alpes ont subi l’une des plus longues périodes anticycloniques hivernales, de ces dernières décennies (absence de nébulosité du 12 au 28 février). Chez TSAGA, on s’est dit que c’était l’occasion de se lancer dans un beau voyage à ski. Et comme le ski de rando est une activité qui exalte toutes ses saveurs quand elle est partagée, nous sommes partis avec Jeanne & Nico et Fanny & Vincent.

J1 : Gières, dans les faubourgs de Grenoble, marque notre point de départ.  A la gare, on remarque les affiches publicitaires du dernier livre d’un autre voyageur, Sylvain Tesson. Dans son ouvrage Sur les chemins noirs, l’auteur présente sa marche rédemptrice à travers la France rurale.  Concours de circonstance, c’est le livre que nous avons choisi pour nous accompagner durant cette traversée !

Nous devions initialement rejoindre à ski les portes de Turin, chez nos voisins transalpins, après avoir atteint la Maurienne en train. Le très faible enneigement à l’est de Sestrières nous contraint de revoir nos plans. On garde néanmoins le même point de départ. L’objectif, quant à lui, sera plus méridional. Cap sur le Queyras et la gare de Mont-Dauphin.

Adeptes des initiatives Changer d’Approche (cf. association Mountain Wilderness), nous avons choisi de rallier les montagnes en appliquant le concept de mobilité douce. Grâce à une logistique bien huilée, on enchaine les trajets en train (avec une correspondance à Montmélian) puis en bus, pour atteindre Valmeinier.

Nous sommes à pied (ski !) d’œuvre dès 9h45, pour rejoindre ensuite le tout nouveau refuge de Terre Rouge, dans le vallon de la Neuvache, à partir duquel nous allons passer l’après-midi à chercher de belles pentes à skier.

J2 : c’est l’occasion de réaliser le (presque) tour et le sommet du maître des lieux, le Thabor (3178 m), avant de se laisser glisser jusqu’au refuge I Re Magi, lové dans cette Vallée étroite qui n’est plus en Italie (depuis 1947) mais pas encore véritablement en France. Se faire plaisir et arriver le soir au refuge pour découvrir la riche gastronomie locale, voilà le menu de ces 5 jours à travers les montagnes des Cerces, du Briançonnais et du Queyras.

Même si la plupart des vallons traversés nous étaient déjà connus, cette itinérance hivernale nous a fait prendre conscience de ce qu’il y a de précieux dans cette montagne hivernale, particulièrement sauvage.

J3 : la traversée « obligée » de la station de Montgenèvre, pour rejoindre le Laus, nous rappelle la nécessité impérieuse de contraindre ces espaces aménagées, ces villes transposées à la montagne, si l’on souhaite continuer à apprécier les espaces où s’exprime la wilderness.

J5 : nous partons aux aurores du joli village de Souliers. En effet, une longue journée nous attend pour rejoindre la gare, d’autant que nous avons des interrogations sur la praticabilité de certains passages raides au nord du Béal Traversier (2912 m), et sur l’enneigement à basse altitude. Tous ces doutes seront rapidement balayés et nous rejoindrons la vallée après une belle descente en neige transformée et seulement une demi-heure de portage à travers la forêt relique de genévriers thurifères de Saint-Crépin.

Grâce à un rapide petit coup de stop (si, si, 6 personnes avec des skis ça rentre dans un seul véhicule !), nous arrivons à l’heure pour attraper notre train à Mont-Dauphin (16h14), qui nous ramènera à Grenoble, via une correspondance à Veynes. Ce travelling ferroviaire permettra de revenir progressivement à notre vie quotidienne en nous remémorant ces 110 km à ski, 7500 m de D+, en 5 jours de traversée… sans utiliser la voiture.

Merci les amis pour ces bons moments partagés, au cœur de cet environnement à préserver…

Pour les amateurs de chiffres et de topos :

J1 : Valmeinier (1800m)->Refuge Terre rouge->Sommet du passage de la pissine (2724 m). 15 km / D+ 1040m

J2 : Refuge Terre Rouge ->Sommet Terre Rouge (3080 m)->Col du Peyron->Chances du Peyron->Mont Thabor(3178m)->Col des Méandes->Ref. I Re Magi. 22 km / D+ 1700m

J3 : Ref ->Pian del colle (1460m)->Col des Acles (2212 m)->Col Dormillouse (2445m) ->Col de la Lauze (2529m)->Montgenèvre (1780m)->Col des Gondrans (2315m)->Cervières (1615m)->Le Laus(1745m). 30 km / D+ 1820m

J4 : Le Laus (Gîte l’Arpelin)->Col des Portes (2915m)->Casse des clausins (2400m)->Sommet couloir (2750m)->Souliers (1830m). 16 km / D+ 1590m

J5 : Gite de Rochebrune, Souliers (1830m)->Sur Col de la Roue (1920m)->La Chalp (1700m)->LeCoin(1590m)->Col Clapouse (2727m)-> Cab. Peyre Murenq (2137m)->Les Guions (1280m)->Sentier des Thurifères->St Crépin (905m). 27 km / D+ 1300m

Pour le topo de Nico sur CamptoCamp, c’est ici. Pour la carte :