Un petit retour d’expériences sur notre matériel

Mise à jour 2015 ici : « Bicicleta en pays inca – Retour d’expériences sur le matériel« .

Notre équipement pour voyager à vélo a évolué au fur et à mesure de l’arrivée des enfants.

Nous n’avons pas spécifiquement de matériel très technique, hormis quelques équipements incontournables. N’étant pas dans l’âme des accros au « matos haut-gamme à tout prix », et l’équipement de 3 enfants commençant à représenter un sérieux budget (surtout quand on cumule un certain nombre d’activités de montagne et autres !), nous avons trouvé des compromis qui nous ont satisfait jusqu’à présent.

Notre équipement a été utilisé sur des durées n’excédant pas 5 semaines, mais plusieurs fois par an pendant plusieurs années, et sous différents climats. Nous avons eu quelques soucis techniques dans certains voyages (arrachage de capote de carriole lors d’une tempête, casse d’une roue libre..) mais finalement peu de problèmes et tous inhérents au voyage à vélo.

Nous sommes convaincus qu’il est donc tout à fait envisageable de vivre de belles aventures à vélo, sans forcément y consacrer un budget démesuré !

Nous avons récapitulé notre matériel d’une part en fonction du nombre d’enfants, et d’autre part par grands thèmes :

Matériel avec 3 enfants :

Voici la configuration adoptée avec nos trois enfants depuis la naissance du dernier il y a deux ans :

L’ainé (entre 7 et 9 ans) pédale seul, sans assistance. Pour cela le choix de l’itinéraire (profil, distance, revêtement) est primordial (voir plus loin).

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o Vélo : il a un VTT TREK MT220 24’’, 21 vitesses. Nous avons veillé à ce que le guidon soit suffisamment relevé pour lui éviter de mauvaises positions dorsales

o Sacoches : on a rajouté un porte-bagages arrière (léger, limité à 25 kg) avec 1 paire de sacoches (b’Twin, 15 L chacune). Nous munissons chaque sacoche d’un grand sac poubelle interne « épais » pour l’étanchéité, afin qu’il y mette ses affaires en toute sécurité (duvet, vêtements, livre et jouets). Il a également une housse externe de protection de pluie pour sacoches doubles, en cas de très grosses averses. A l’avant il a une petite sacoche « à trésors » déclipsable du guidon.

o Autres accessoires : pour les utilisations avec 3 enfants, nous n’avons pas remis d’éclairage au vélo, ni d’écarteur de danger comme sur son vélo précédent, car à cette époque nous avions privilégié des itinéraires « protégés » (cf. Des Dolomites à Venise).
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o Habillement vélo : un cuissard-short avec cuissard amovible, et un collant polaire à mettre sur le cuissard. Un casque. Un gilet jaune de sécurité est ajouté sur route.

La cadette (entre 4 et 6 ans) : elle pédale seule selon l’itinéraire, ou accrochée au vélo de sa maman (pour les zones à fortes circulations, pour les montées difficile, en fin de journée…).

o Vélo : elle a un vélo PUKY ZL18-3, 18’’, à entrejambe surbaissée (adapté pour un enfant dès 105 cm), 3 vitesses, 1 frein avant, 1 frein à rétropédalage, et une position de vélo confortable (style vélo de ville)

o Sacoches : sur son porte-bagages d’origine on a installé une paire de sacoches « miniatures » destinée à ne recevoir que ses jouets, et les petits en-cas.

o Habillement vélo : un cuissard-short avec cuissard amovible, et un collant polaire à mettre sur le cuissard. Un casque. Un gilet jaune de sécurité est ajouté sur route.

o Le Follow-me : c’est un système de remorquage qui permet d’accrocher le vélo enfant à celui d’un adulte (http://www.followme-tandem.be/). Il est fixé sur l’axe de la roue enfant. Il est compatible avec des tailles de roue de 12 » à 20 ». Quand le vélo enfant est détaché, le Follow-me (4 kg) se rabat verticalement derrière le vélo tracteur (fixation renvoyée au porte-bagage par un petit mousqueton). Pour avoir testé également le système de barre Trailigator, nous trouvons que le Follow-me est bien plus robuste, moins déséquilibrant pour l’enfant dans les virages. Nous l’avons testé depuis 4 ans sur tous types de terrain allant jusqu’au « vrai VTT », et il n’a jamais montré de signes de faiblesse.

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Le vélo enfant s’attache et se détache en moins d’1 minute, même seul et le vélo tracteur bien chargé (avec un peu d’habitude !). Pour l’adulte qui tracte, la présence du Follow-me se ressent plus ou moins selon les cas suivants :

 – Plus l’enfant est léger à l’arrière, plus c’est facile, logique !

 –  Si le vélo tracteur est « vide » sans sacoche : aucun souci !

 – Si le vélo tracteur est chargé de sacoches arrières : la conduite du vélo tracteur est plus physique pour le tracteur, un gros effort devant être fourni pour maintenir le guidon droit (effet « guidon qui bouge dans tous les sens », par le fait que c’est la seule partie mobile de l’attelage)

 – Si le vélo tracteur est chargé de sacoches arrières ET avant : la conduite devient TRES physique (toujours l’effet guidon qui va où il veut !) dès que la piste est irrégulière (ça fait les bras !)

Le p’tit dernier (entre 0 et 2 ans) : il est dans une carriole tractée par le vélo de son papa… ou sur le dos de sa maman.

o La carriole : nous avons eu au départ une remorque « de base » Décathlon 2 places. Elle avait pour avantage son prix, sa légèreté, et sa relative bonne étanchéité de base (i.e. sans sur-capote de pluie) du fait d’un tissu extrêmement tendu de toute part. Elle n’avait pas d’amortisseur. Elle n’a pourtant pas survécu à une grosse tempête en Norvège, au passage d’un Fjord (vent de plus de 120 km/h) : elle a été soulevée, retournée et la capote a été arrachée. Par chance, pour pouvoir continuer notre voyage, nous avions pu à l’époque racheter la seule carriole disponible dans l’archipel des Lofoten, à prix d’or ! Au retour, nous n’avons pas eu le courage de réinvestir dans un « bonne » remorque.. et pourtant… Cette nouvelle acquisition, que nous avons toujours actuellement, de marque MERIDA, 2 places, possède un défaut de conception : le tissu est mal tendu ! D’où un défaut d’étanchéité général. Un bricolage maison a heureusement permis de réaliser une capote de pluie sur-mesure qui remédie à cet inconvénient. Une capote de soleil, réalisée également sur mesure, a été également ajoutée : elle est en tissu et a l’avantage d’occulter la lumière, ou la poussière, ainsi que de laisser passer l’air de façon modulable. La carriole accueille également la cadette si besoin. Mais aussi, un jour au Kirghizstan, l’ainé en « mode survie » !!

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o Le porte-bébé : chacun des enfants a été porté sur le dos de sa maman à vélo. Pourquoi ? Tout simplement parce que la carriole c’est bien, mais au bout d’un moment un enfant s’ennuie, et changer de point de vue, sentir sa maman, discuter, chanter, s’endormir sur le dos, c’est quand même plus rigolo ! Par ailleurs, lorsque la piste devient trop rugueuse, pendant une longue période (style tôle ondulée) le dos d’un parent présente un amorti plus efficace que n’importe quelle type de carriole (même avec amortisseur). Alors nous sommes conscients que l’idée de faire du vélo avec un bébé sur le dos, ça puisse en choquer certains ! Mais nous nous sommes imposés certaines règles : choc par un tiers interdit (donc pas de portage sur des routes très passantes), chute interdite (donc pas de grandes vitesses, pas de terrain difficile), veiller à l’insolation (pas de portage lorsqu’il fait chaud, chapeau, lunettes et vêtement couvrant intégralement le corps, de rigueur). L’enfant a un casque dès qu’on estime que cela est nécessaire.

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A part ça, Ariane n’a jamais ressentie la moindre prise de risque avec un enfant sur le dos : maman-enfant ne faisaient qu’un avec ce type de système de portage, et il n’y avait aucune sensation de déséquilibre. Avoir un système de portage léger s’est révélé également pratique pour avoir les mains libres en voyage, notamment lorsqu’il faut pousser les vélos, les mettre dans les transports en commun, etc… Différents systèmes de portages ont été testés, ils ont tous la particularité d’être près du corps et donc non déstabilisants :

* l’écharpe : l’avantage c’est d’avoir ce grand morceau de tissu qui sert à tous : couverture, aire de jeux, etc… L’inconvénient : moins pratique à mettre rapidement sur le dos, prend de la place à stocker

* le porte BB chinois (un grand MERCI à Claire K. qui me l’a fait !) : c’est l’idéal pour un bébé de 0 à 1 an. Pratique et rapide à mettre sur le dos, se stocke n’importe où

* la version du commerce, le porte bébé ERGOBABY : un peu cher à l’achat, mais idéal pour un grand de 2 ans. Il prend un peu plus de place à stocker, mais quel confort et quelle rapidité à installer ! Même le papa s’y est mis ! On ne sent pratiquement pas l’enfant ! Un pur bonheur !

La maman : elle tracte la cadette ou porte le petit dernier (parfois les 2 en même temps, mais plus rarement).

o Le vélo : elle pédale depuis longtemps sur un ancien VTT Décathlon acheté il y a 9 ans à 150€, sous le regard moqueur d’un vendeur, qui avait fait un pari qu’elle ne le garderait pas plus d’un mois, pour l’utilisation qu’elle voulait en faire (traversée de l’Atlas marocain) ! Ce vélo a été un peu modifié depuis, il a été mis à rude épreuve (tractage sur piste, gros chargement) mais n’a jamais eu aucun soucis technique ! Ce vélo à l’avantage d’avoir un cadre pile-poil à sa taille, et préserve donc son dos !

o Les modifs apportées :

* Un guidon « cintre papillon », très pratique en cyclo
* Un pignon nettement plus grand avec changement de la cassette arrière : bénéficier d’un nouveau rapport de vitesse, ultra-pratique pour tracter en montée, sur piste, etc…
* Des jantes double paroi
* Des pneus increvables SCHWALBE Marathon Plus
* Des accessoires : cale-pieds, rétroviseur, etc…

o Les sacoches : sur le porte-bagages arrière, 1 paire de sacoches Décathlon 18 L, chaque sacoche étant munie d’un sac poubelle épais intérieur. Plus une housse de protection de pluie pour sacoches doubles. Jamais eu le moindre souci d’étanchéité, ni de fermeture de sacoches, etc… Bref, un très très bon rapport qualité-poids-prix ! Un bag étanche destiné à recevoir des duvets est accroché en plus sur les sacoches arrières. Sur le porte bagage avant, deux sacoches clipsables Ortlieb 20 L étanches. Sur le guidon, une sacoche de guidon Vaude avec porte-carte.

Le papa : il tracte la remorque du p’tit dernier… dans le meilleur des cas ! C’est parfois 2 enfants, et divers bagages lestés par le reste de la tribue !

o Le vélo : il pédale sur un ancien VTT American Eagle non suspendu.

o Les modifs apportées :

* Un pignon nettement plus grand avec changement de la cassette arrière : bénéficier d’un nouveau rapport de vitesse, ultra-pratique pour tracter en montée, sur piste, etc…
* Des jantes double paroi
* Des pneus increvables SCHWALBE Marathon Plus

o Les sacoches : sur le porte-bagages arrière, 1 paire de sacoches Décathlon 20 L, chaque sacoche étant munie d’un sac poubelle épais intérieur. Plus une housse de protection de pluie pour sacoches doubles. Jamais eu le moindre souci d’étanchéité, ni de fermeture de sacoches, etc… Bref, un très très bon rapport qualité-prix ! Sur le porte bagage avant, deux sacoches clipsables Vaude étanches 20 L.

Matériel avec 2 enfants : c’est pareil, mais plus simple et moins lourd (pas de sacoches avant pour la maman par exemple !)

Matériel avec 1 enfant : c’est pareil mais encore plus simple et encore plus léger !!!

Le matériel de bivouac :

La tente : Nous avons une tente Freetime 3-4 places que nous utilisions avec 2 enfants (petits). Elle offre un bon compromis prix/poids/encombrement (3,8 kg avec arceaux alus). Elle est autoportante (la chambre se monte au sec, pratique quand il pleut !). Sa tenue par vents très forts peut être discutée !

A l’arrivée du loustic n°3, ne trouvant pas une tente 5 places légère, peu encombrante, à un prix abordable, nous avons « bidouillé ». Nous avons investi dans une tente Quechua 2’’ 1-2 places (2,4 kg) (investissement fort raisonnable !). Les deux plus grands pouvaient y dormir confortablement. La 2’’ s’est révélée pratique à déplier rapidement pour créer un abri de fortune en cas de pluie, de sieste, etc… De plus elle s’insère parfaitement à l’arrière de notre carriole. Néanmoins, comme nous campons souvent « sauvage », il était impossible de laisser 2 petits enfants seuls dans une tente. Nous avons alors pu rabouter nos deux tentes : elles « se raccordent » entre elles en insérant l’entrée de la 2’’ dans l’auvent de la Freetime. L’espace central, entre les 2 tentes, permet de stocker les sacoches. L’entrée générale se fait par l’ouverture présente à l’arrière de la Freetime. Testée avec des pluies modérées ou orageuses, et par vent modéré, l’étanchéité a toujours été satisfaisante, en s’assurant que chacune des tentes soit parfaitement tendue.

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Les matelas : nous avons 5 matelas type mousse, roulés qui ont exactement les dimensions du coffre arrière de la carriole.

Les duvets : notre équipement est assez hétérogène et s’améliorera à mesure que les enfants grandiront, et que leurs sacs respectifs ne seront plus soumis à des traitements de chocs (vomissements, pipi nocturnes, etc… !!). En attendant :

o 2 duvets TripleZéro : 0,8 kg, température confort -5°C, hypercompessible

o 1 duvet Moutain Equipement : 1,5 kg, -12°C

o 1 duvet Pyrenex : 1,8 kg, -12 °C

o 1 duvet NorthFace… lourd et froid !

Les éléments clés / les points faibles :

Les portes bagages : les portes bagages avant ZEFAL ont apporté satisfaction tant que nous roulions sur route asphaltée. Néanmoins sur piste, les vibrations répétées ont eu raison des attaches, qui ont cassé les unes après les autres sur les 2 vélos. Elles furent remplacées en cours de route par un bricolage bien utile à l’aide de colliers plastiques rilsen

Les pneus : comme mentionné précédemment, les pneus increvables sont indispensables sur pistes. Le dernier kilomètre du dernier jour de notre voyage au Kirghizstan, nous avons roulé sur un chemin comportant une graminée aux graines étoilées avec des piquants comme de clous (noms ?). Ces graines ne se distinguaient pas à première vue. Les pneus non increvables (carriole, vélo enfants) ont comptabilisé par moins de 10 à 15 crevaisons par roue ! Nous avons laissé sur place les pneus et les chambres à air de la carriole, irréparables.

Le choix de l’itinéraire, capital !

Autant on peut aller presque partout (selon la forme physique du tracteur) avec un enfant dans une remorque (en respectant son rythme, les siestes, etc…), car quoi qu’il arrive l’enfant bénéficie d’une protection (pluie, soleil…), autant dès qu’un enfant n’est plus en remorque, ça se complique !

Le Follow-me a l’avantage de laisser libre l’enfant de pédaler quand il veut, mais aussi de permettre d’avancer (lorsqu’il faut boucler une étape pour trouver où dormir par exemple) et de « faire des kilomètres » lorsque c’est nécessaire, en fatiguant peu l’enfant (qui peut totalement s’arrêter de pédaler). Néanmoins, il ne permet pas de résoudre le problème de la fatigue (à 6 ans, l’ainé s’est endormi une fois en étant tracté, grosse frayeur pour les parents !), du froid, de la pluie, des fortes chaleurs… comme dans le cas d’une carriole.

Et lorsqu’un enfant n’a plus d’assistance (Follow-me ou autre) et pédale seul, les étapes doivent être bien réfléchies à l’avance en fonction des capacités de l’enfant, mais aussi de la forme du moment (coups de pompe, hypoglycémies qui peuvent arriver hyper vites, mais aussi maladie passagère, turista à l’étranger, qui peuvent fatiguer énormément un enfant qui produit un effort physique quotidien..).

Enfin, pour qu’un « grand » pédale tout seul, il faut qu’il s’approprie le voyage : c’est SON voyage, alors ses centres d’intérêts doivent être impérativement respectés !

Avec tous ces critères, les derniers voyages avec un enfant de 8-9 ans qui pédale seul ont respecté les contraintes d’itinéraires suivantes :

– Des étapes de 20 à 45 km/jour selon le relief et le type de revêtement

– Des étapes intéressantes culturellement du point de vue d’un enfant : il faut que les paysages soient variés ou qu’il y ait des choses à visiter, des jeux publics, etc… oublier les grandes étapes monotones ! La présence d’eau est toujours appréciée (longer des rivières, lacs, etc…)

– Essayer d’arriver assez tôt le soir pour avoir un long moment pour jouer avec les copains rencontrés en route

– Des profils généraux plutôt plats, voire descendants globalement

– Mais les montées sont incontournables, alors quelques petits trucs :

o bien préparer psychologiquement le loustic avant (la veille !),

o veiller à manger et boire très très régulièrement, surtout s’il fait chaud, ça parait logique, mais un enfant a besoin de boire encore plus régulièrement qu’un adulte, on s’est fait avoir plusieurs fois

o avoir un papa qui pousse un peu, ça remonte le moral !

o préférer des montées sur route plutôt que sur piste raide, caillouteuse, inroulable.. (heum…). Eviter autant que faire se peut les portages ! (reheum…)

o mais aussi, ne pas hésiter à shunter les trop grosses montées, raides, dangereuses, etc… avec l’aide des transports en commun (train, bus, taxi, mulets, etc…) pour que le vélo reste un plaisir pour les enfants… et donc pour les parents !