A l’assaut du Kun Zum La et du Chandra Tal

… où l’on va vérifier l’efficacité de notre acclimatation sur notre premier grand col, où l’on joue à Mac Gyver avec le vélo de Seb, où l’on se repose auprès d’un lac de montagne bucolique…

Du 15 au 18 juillet 2016

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Lac principal de Chandratal

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Petit lac supérieur de Chandratal

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Vendredi 15 juillet
Small Lake (3950 m) – Losar (4120 m)
D+ : 350 m – 23 km

Pouah… nuit entrecoupée pour Ariane ! Première maladie pour elle, surement un peu de fatigue, car toute la famille se porte bien, et nous avons tous mangé la même chose : les fameuses noodles « Maggi » (pâtes chinoises deshydratées) que l’on trouve à acheter presque partout… Bref, ce matin, c’est Seb qui prépare seul toutes les sacoches de vélos et pli la tente, tandis qu’Ariane comate sur un matelas à l’ombre d’un bloc en attendant que tout soit prêt. Pourtant il faut partir… dur, dur… Nous nous arrêtons au hameau de Kiato, sieste pour Ariane durant une heure, à l’ombre d’un mur.

Puis arrive Manikim, indien magnifique, qui voyage à vélo au long court depuis une dizaine d’années, s’exprimant dans un anglais impeccable, avec une grande douceur. Il nous indique que le couple suisse est seulement à 2 ou 3 km derrière. Et en effet, alors que nous plions bagage, Jessica et Stéphane arrivent à notre hauteur. Durant ces derniers jours, ils ont parcouru « en mode léger » les vallées et plateaux adjacents de la Spiti (Pin Valley, Komic). Ce sont les cyclistes indiens en VTT (Gundureep), et leur 4×4 suiveur qui ont pris leurs sacoches. Nous arrivons tous ensemble à Hansa pour le repas de la mi-journée. Dal-rice pour tout le monde, sauf pour Ariane au régime tsampa + thé sucré : ce remède sera miraculeux pour la deuxième partie de la journée. En effet, la tsampa est de la farine d’orge grillée, élément traditionnel consommé dans tout l’Himalaya. Elle est très nutritive et constitue une grande source d’énergie. L’après-midi même, la turista n’est qu’un mauvais souvenir !


Nous arrivons à Losar en fin de journée avec Jessica et Stéphane, tandis que Manikim continue encore quelques kilomètres pour camper au pied du col. Nous choisissons la première Guest House à gauche au centre du village, bien traditionnelle, même si elle porte un nom local à la consonance « hi-tech » lorsqu’on le prononce rapidement : Samsong !!! Losar est un petit village bien vivant, avec des petits canaux d’irrigation dans tous les coins. Nous apprécions beaucoup cette soirée, accompagnée d’un délicieux repas. Nous aurons les yeux plus gros que le ventre, et nous emporterons pas mal de plats pour le lendemain midi : momos, chapatis, parantha… Pas d’eau chaude, comme la plupart du temps, c’est à la douche froide que nous nous décrassons de la poussière des pistes. Même lorsque l’électricité arrive dans les villages, les coupures sont innombrables durant la journée, l’eau est donc rarement chaude dans les Guest House. Quand au solaire, il permet de garantir l’éclairage uniquement.

Samedi 16 juillet
Losar (4120) – Batal (3915 m)
D+ : 500 m – 28 km

Nous quittons Losar un peu avant Jessica et Stéphane, qui de toute façon nous rejoindront rapidement ! A la sortie du village, poste de police, avec un contrôle qui s’éternise, et… encore des photos : bon, ce n’est pas tout, mais nous avons un col à plus de 4500 m à grimper aujourd’hui, sur une pite délicate, alors on aimerait bien ne pas traîner !

Même une caravane de chevaux, avec un horseman très souriant, nous double, c’est dire… Quelques kilomètres plus loin, Seb casse sa chaîne de vélo toute neuve. Jessica et Stéphane arrivent à notre hauteur, et dans leurs yeux (même à travers leurs lunettes de soleil), on peut lire qu’ils sont étonnés que nous soyons déjà arrêtés si proche du départ !!! Bref, nous repartons, tandis que Gaspard, devant, discute « géopolitique » une grande partie de la montée avec Stéphane, moments privilégiés entre cyclos qu’il apprécie particulièrement. Les épingles à cheveux sont toujours bien raides, nous obligeant à pousser dans les virages qui sont ravinés par les écoulements. A mi-chemin, deuxième casse : cette fois-ci c’est une des attaches du porte-bagage de Seb qui lâche avec les vibrations. Un peu plus loin ce sera au tour de celui de Stéphane. Réparation rapide, et nous arrivons au fameux col de Kum Zum La (4540 m) , après avoir croisé des troupeaux de yaks.


Le col est marqué par de multiples manis, stupas et drapeaux à prières. Un homme dans une habitation nous offre du Chaï (thé au lait épicé). En échange, nous laissons un de nos derniers vêtements : en effet, cette année, nous avons emporté quelques vêtements chauds d’enfants (doudounes, pantalons de ski, gants de ski…) afin de les laisser en échange à chaque fois que nous étions invités au bord de la route.
Jessica et Stéphane partent en premier du col, car il ne fait pas chaud. De notre côté, nous équipons la petite troupe, en sortant doudounes, gore-tex, etc… car la pluie va nous accompagner toute la descente. Nous retrouvons les suisses au pied du col à Batal. Comme nous, en raison du temps médiocre, ils ont abandonné l’idée d’un bivouac au lac de Chandratal, le « joyau régional ». On verra demain !

Batal : ambiance particulière, (très) loin du village traditionnel de Losar.

Ici, quatre ou cinq tentes, avec base en pierres et bâches plastiques bleu ou jaune, deux « demi-tonneaux » métalliques rappelant… les bases scientifiques de l’Antarctique, et … des monceaux d’ordures tout autour ! Nous faisons halte à la première tente qui fait office de dhaba. Et là nous allons découvrir durant de nombreuses heures, une activité insoupçonnée pour ce lieu. Les repas défilent à une vitesse incroyable, au gré des arrêts des véhicules. Les « patrons » enchaînent les plats dans ce lieu exigu, dépourvu d’eau courante. Et c’est très bon !!! Ce soir nous dormons dans un des « demi-tonneau » avec nos amis suisses.

Dimanche 17 et lundi 18 juillet
Batal (3915 m) – Chandra Tal (4180 m)
D+ : 350 m – 18 km

Ce matin, le temps est encore maussade, mais nous avons vraiment envie de découvrir ce lac de montagne, unique pour cette région aride, et d’y passer une journée de repos complète. Le problème, ben, c’est qu’il faut remonter, maintenant qu’on est descendu jusqu’à Batal ! 350 m à remonter sur une vingtaine de kilomètres de pistes moyennement roulante, avec différents passages de nallah (torrents, passages d’eau, dont la traversée est plus ou moins complexe en fonction de la hauteur d’eau et de la vitesse de l’écoulement !). Manikim arrive à Batal, il a dormi là-haut, un peu avant le lac, et ne semble pas très emballé par le site. Il faut dire qu’il a bien plu durant la nuit. Après quelques échanges avec lui, c’est Jessica et Stéphane qui partent en premier pour Chandratal. De notre côté, nous trouvons un arrangement : une voiture qui monte au camp de tentes situé quelques centaines de mètres de dénivelées en dessous du lac va nous transporter nos sacoches au bout de la route afin que nous soyons plus légers.


Après deux passages de nallahs nécessitant un déchaussage (brrr… l’eau est plutôt froide !), nous arrivons au Camp Site. Pas question de dormir ici ! Manikim nous avait dit qu’il avait été obligé d’y dormir, ayant eu l’interdiction de bivouaquer plus haut, le site étant sacré. Nous poursuivons rapidement la côte bien raide qui constitue le verrou du lac. Arrivé au bout de la route, nous retrouvons nos sacoches, et … la pluie ! Equipement imperméable pour tout le monde, sous une tente de berger inoccupée, et nous reprenons la route, en poussant nos vélos sur le sentier qui permet d’atteindre le fameux lac tant espéré ! Au bout de 20 min, nous retrouvons les copains suisses, en rive gauche ! La pluie s’arrête, l’occasion pour Ariane et Stéphane d’aller faire le tour en VTT du lac (VTT de Gaspard pour Ariane), en étant légers ! Quand nous rentrons, baignade pour (presque) tout le monde, et c’est accompagnés de la flûte d’Adélie et des chants de Stéphane, que nous terminons cette soirée (humide) !


Le lendemain, YES, il fait beau ! Nous décidons de transporter notre campement de l’autre côté de la ligne de crête, à proximité d’un lac plus petit, mais offrant une vue panoramique sur les glaciers qui nous entourent. Le transit est court, mais la pente est assez raide et nécessite de nombreux allers-retours qui coupent les pattes, à 4200 m d’altitude !

Quelques vues du lac principal de Chandratal :

Quelques vues du petit lac supérieur de Chandratal :

 

3 réflexions sur “A l’assaut du Kun Zum La et du Chandra Tal

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