Où sont nos VTT ?!!

… où l’on parcourt ce que certains désignent comme l’une des « routes les plus difficiles du monde  » pour les véhicules à moteur, où l’on partage quelques tours de roues avec Dan cyclo anglais, où l’on apprécie la petite bourgade de Keylong aux allures de bazar asiatique…

Du 19 au 22 juillet 2016

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Mardi 19 juillet
Chandra Tal (4180 m) – Chotadhara (3750 m)
D+ : 200 m – D- : 550 m – 35 km

A l’heure du réveil, un petit bruit caractéristique de clapotis sur la tente nous indique qu’il recommence à pleuvoir. Nous sommes tout de suite moins pressés pour plier la tente et lever notre camp ! De leur côté, Jessica et Stéphane, qui ont prévu une grosse étape, se sont équipés comme il se doit pour cette journée qui s’annonce humide, et il viennent nous faire un dernier petit au-revoir à l’entrée de la tente. Nos routes vont bientôt se séparer, et nous aurons peu de chance de nous recroiser : eux vont descendre comme nous la vallée de Chatrou, mais continueront sur l’axe routier Manali-Leh, quand à nous, nous bifurquerons bientôt vers le Zanskar, à pied. Il y a une petite chance que nous nous recroisions vers Leh, mi-août. Au moment de leur départ, impossible de retrouver le bouchon de leur vache à eau qu’il nous ont gentiment prêté depuis la veille… Il a subitemenr disparu, et nous avons beau chercher aux abords immédiats, il reste introuvable. Nous sommes vraiment très embêtés… puis 15 min après leur départ, Gaspard crie : « J’ai retrouvé la bouchon de la vache !!! ». Le bouchon est en effet… dans sa gourde ! Hier soir, en remplissant les diverses bouteilles et gourdes, le bouchon a du sauter et atterrir dans le bidon de Gaspard ! Nous le gardons précieusement en espérant pouvoir leur rendre un jour !
Quand nous sommes enfin prêts (soit au bas mot, plus de 2h après notre réveil…), le soleil est revenu (tout vient à point à qui sait attendre !). Nous sommes fin prêts pour attaquer la descente de la route de la vallée de Chatrou, considérée par certains comme une des routes les plus difficiles du monde en camion et autres véhicules à moteur.


Petite pause à Batal pour manger un morceau.

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Batal

Mais à peine 500 m après Batal, nous entrons dans le vif du sujet : le route est tracée dans les alluvions de la rivière ou bien sur d’immenses éboulis, et nous roulons sur des espèces de galets et blocs de 20 à 40 cm de diamètre. Autrement dit, c’est rugueux, et nous avançons doucement. Heureusement, ça descend, enfin, on a du mal à s’en rendre vraiment compte, puisqu’il nous faut tout de même pédaler… C’est là qu’on se dit qu’en VTT léger, ça pourrait être un régal. Mais en « tandem-follow-me-petit-velo »… soyons honnêtes… BOF ! Mais bon, on ne va pas bouder notre plaisir d’avoir enfin un profil descendant !

De nombreux passages de nallahs sont très impressionnants pour les camions qui les franchissent à la montée. Nous les observons à chaque fois avec beaucoup de respect : il suffirait de pas grand chose pour que les camions versent, mais les chauffeurs, souvent en convois pour s’entraider, maîtrisent parfaitement cette conduite himalayenne sportive. Et malgré l’attention nécessaire que requiert ces passages, ils prennent le temps de nous saluer à grands coups de klaxon, de gestes de la main et de grands sourires !


Nous arrivons en fin de journée à Chotadhara, ensemble de 3 maisons du gouvernement, pour l’entretien des routes. Ces maisons ont la particularité de servir de Rest-House, en mettant à disposition des chambres sommaires pour tous les voyageurs. Après une rapide coup d’oeil à l’intérieur, nous préférons planter la tente dans le jardin. Nous mangeons le soir avec le gardien, des nodles « Maggi ». A l’intérieur de la cuisine, différentes pages de journaux tapissent les murs, et au milieu d’elles une publication scientifique de Patrick Wagnon (Université de Grenoble), relative au suivi des glaciers de la région !


Mercredi 20 juillet
Chotadhara (3750 m) – Koksar (3300 m)
D- : 250 m – 17 km (+26 km en camion)

Aujourd’hui nous poursuivons notre descente de la vallée, dominée par de splendides glaciers. Elle s’élargit, devient plus verdoyante et plus roulante. Mais en milieu de journée, arrivés à Chatrou, la longue et raide montée qui nous attend pour atteindre Granpou, intersection avec la route Manali-Leh, commence à nous décourager.

De plus côté planning, c’est assez tendu : nous avons rendez-vous à Keylong dans 2 jours avec nos chevaux pour partir dans le Zanskar. Et à partir de Chatrou, il nous faut bien 2 jours pour atteindre Keylong. Or nous voulons vraiment que les enfants puissent se reposer une journée avant de repartir pour 8 jours de trek… A ce moment de nos réflexions, sirotant un thé sous une tente-parachute de Chatrou, un camion-benne bleu des travaux routiers descend la vallée, et s’arrête devant notre dhaba. Nous n’avons besoin d’échanger qu’un regard avec Seb, qui part en courant demander au conducteur s’il est possible d’effectuer la montée avec lui. Le camion est rempli de travailleurs népalais, mais le conducteur accepte de nous avancer de quelques kilomètres : Seb part dans la benne avec le matériel et les népalais, tandis qu’Ariane se case avec les enfants dans la cabine où se serrent déjà 4 personnes en plus du chauffeur !! Le trajet est aussi inconfortable dans la benne que dans la cabine, mais les travailleurs des routes sont au petits soins pour nous. Le conducteur est aguerri sur cette route très impressionnante qu’il doit certainement parcourir plusieurs fois par jour. Et dans les passages les plus exposés au vide, le silence est total. Soulagement d’arriver à Granpou et de se dégourdir les jambes ! Nous ne sommes pas prêts de sitôt à refaire du stop-camion sur ce type de route (vive le vélo, moins stressant !!), mais nous venons de « gagner » une journée de repos pour les enfants à Keylong !

Ce soir, nous dormons au camp de tentes de Koksar. Il est tenu par un couple et ses 4 enfants. Quelques tentes au « décor indien » sont disposées au pied d’une cascade. Les tentes « à fenêtres » amusent beaucoup Adélie et Titouan, et nous prenons place dans notre petite maison de toile, bien contents d’être arrivés ici ce soir !

Jeudi 21 juillet
Koksar (3300 m) – Keylong (3200 m)
D+ : 500 m – D- : 650 km – 45 km

Une belle journée nous attend. Tout d’abord nous retrouvons du goudron par intermittence, et tout de suite ça file plus vite ! Ensuite, le décor change, et Adélie nous lance tout à coup : « Hé ! Il y a des sapins ! ». En effet, cèdres et conifères apparaissent pour la première fois, d’immenses cascades nous dominent, et le paysage devient subitement plus alpin. A Sissou, nous faisons une grande pause repas, et nous voyons arriver un cyclo anglais : Dan. Il a entendu parler de nous, et parait content de nous avoir rattrapé. Il vient de Chatrou, où il a passé la nuit, et va comme nous à Keylong ce soir. Alors, c’est parti pour une étape tous ensemble. Gaspard s’est retrouvé un compagnon de papotage, et même si c’est assez compliqué pour lui de communiquer avec Dan, qui parle très vite, cet intermède lui plait beaucoup !

Dan voyage depuis 18 mois à vélo. Il vient d’avoir sa première grosse casse dans le Spiti, et lui aussi (!) son porte-bagage a rendu l’âme au Kun Zum La, arrachant le tube  de la fourche ! Il porte ses affaires dans un sac à dos. Nous choisissons de rester dans le même hôtel à Keylong, et partagerons nos repas durant 2 jours.

Petite anecdote aujourd’hui : alors que nous croisons pour la énième fois des chevaux, aujourd’hui le horseman arrête Ariane. Il nous apprend qu’il nous a croisé à Kaza, puis à Losar, puis à Batal, et maintenant aujourd’hui !!! Grosse rigolade ! Alors que lui nous salut à chaque fois, nous sommes incapables de le reconnaître ! Nous savons maintenant que nous avançons à la vitesse de chevaux… au pas !

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Nos copains les chevaux, que nous croisons depuis Kaza !!

Vendredi 22 juillet
Keylong – Jour de repos

Keylong nous séduit énormément par son côté « bazar asiatique » : une logue rue principale, assez étroite, bordée d’une multitude d’échoppes représentant l’ensemble des corps de métiers, allant du menuisier au boulanger, du « commerce général » (sorte de micro supermarché sur 4m²) aux boutiques de vêtements traditionnels, dans lesquelles Adélie et Ariane se régalent en essayant diverses tenues ! Bref, rien de touristique, mais une ville « vraie » qui fourmille d’activités.

L’occasion d’entretenir un peu le materiel qui a souffert : soudure du porte bagage de Seb, qui a bien tenu jusque là avec une réparation rapide au Kun Zum La mais nécessite quelques chose de plus solide, et renforcement d’une sacoche avant d’Ariane.

Aujourd’hui Lobsang est passé nous rendre visite : c’est lui qui sera notre guide durant notre traversée du Zanskar entre « Zanskar Sumdo » et « Ichar » en amont de Padum, où nous reprendrons les vélos. Il a passé la journée a faire le plein de nourriture, car grand luxe, pour la première fois depuis que nous voyageons… nous aurons un cuisinier !!

Nous partons demain, et les enfants sont très contents de changer d’activité, et de laisser un peu les vélos de côtés !

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