[Trans-alpina vélo] – Saute-frontière entre Suisse et Italie, du Val Müstair au Val Mora

Du 29 juillet au 3 août 2017

Où l’on traverse à nouveau de superbes pistes de montagnes ; où les vaches ici ne se contentent pas de regarder passer les vélos mais viennent les « léchouiller » consciencieusement ; où l’on bivouaque à nos risques et périls ; où Bazooka et Crazy River resteront parmi les meilleurs souvenirs de nos petits jeunes !

29/07/2017 – De Vilpiano à Laces – 43 km – 420 m+

Mauvaise nouvelle ce matin en quittant le camping de Vilpiano : la veille au soir, nous avons mis à charger une batterie externe dans les sanitaires. Il était 22h30, le camping « dormait ». A 6h du matin, Seb se lève et va la récupérer… sauf qu’elle n’est plus là ! C’est la première fois que nous nous faisons voler quelque chose en voyage. Cela nous servira de leçon, à l’avenir nous serons plus prudents… Mais cela ne modifie pas notre très bonne impression de ce petit camping, où nous avons même la surprise ce matin de payer moins cher que prévu !

Après deux jours de repos, nous voilà repartis sur une belle piste cyclable régulière le long de l’Adige. Durant les prochains jours, nous allons désormais remonter régulièrement les vallées italiennes et suisses, d’abord l’Adige, puis le Val Müstair et le Val Mora. Maxime, découvre progressivement le « vrai » vélo, en effet, voilà 3 jours qu’il est avec nous, et pour l’instant il n’a vu que le côté « fastoche et doigts de pieds en éventail » du voyage cyclo : tout d’abord une longue descente sur Bolzano, puis deux jours de visites et piscine pour se remettre de tout ça !

Côté organisation, les deux ados se partagent la petite tente orange Freetime que Maxime a amené. Tente 2 places qui offre une ouverture latérale de chaque côté, afin que chacun soit libre d’aller et venir à sa guise. Ils peuvent mettre leurs sacoches à l’intérieur. C’est Maxime qui souhaite transporter leur tente commune (2,4 kg) sur son porte bagage arrière. De son côté, Gaspard récupère le sac de pain, volumineux. Car, fait nouveau, nous voici maintenant avec deux ados mangeant comme quatre, sans jamais être rassasiés ! Et les réserves de nourriture à transporter sont conséquentes. Mieux vaut trouver des ravitaillements régulièrement !

Pour ce midi, nous nous arrêtons à Merano, petite ville thermale traversée par l’Adige. Merano possède un château (château de Trauttmansdorff) connu pour y avoir vu séjourner Sissi l’Impératrice. Mais nous ne le visiterons pas, car il est situé en hauteur… et des montées, on va en avoir suffisamment comme ça !

Château de Sissi l’impératrice, à Merano

Nous nous contenterons du marché en ville (où Adélie et Ariane s’achètent des boucles d’oreilles, car sportives, ok, mais féminines, un peu quand même 😉 ), et de très bonnes glaces (bon, en fait, toutes les glaces sont bonnes quand on a chaud) !

L’après-midi, la chaleur nous écrase dans la montée sur piste cyclable, pourtant parfaitement tracée en lacets réguliers.

Ici, comme dans toute la région de Bolzano, il est difficile de trouver de la place dans les campings. Nous dormons dans celui de Laces, coincés entre les sanitaires, un mur en béton et un camping-car, petit emplacement où nous entassons nos trois tentes… mais les jeunes profitent pleinement des deux piscines, une intérieure très chaude, et une extérieure… glaciale ! Pourtant Céline, courageuse, y nagera avec plaisir un long moment !

30/07/2017 – De Laces à quelque part après Glorenza – 38 km – 500 m+

Après l’orage de la nuit, nous poursuivons notre route, le long des vergers de pommiers. Quand subitement, en pleine ligne droite, Adélie bifurque brusquement sur sa gauche, dévale le talus menant aux vergers, tout en restant parfaitement droite sur son vélo, et va s’encastrer dans un pommier ! Pour ceux qui la suivent et ont observé toute la scène, c’est assez comique, comme si elle avait délibérément foncé dans un arbre à pleine vitesse, sans freiner, sans sourciller ! Notre kamikaze en ressort sonnée mais avec un grand sourire, plusieurs branches de pommier décorant maintenant son vélo. Mais quand on lui demande ce qu’il s’est passé, mystère : s’est-elle assoupie ? Elle ne sait pas… Elle échange alors de place avec Adèle, fidèle au poste, qui récupère souvent ce vélo lors des longs plats montants, parfois aussi dans les montées sur piste, mais ceci semble lui plaire ! Adélie devient alors la coéquipière d’Olivier sur le Morphéus.

A midi, la piste cyclable, nous amène près d’un petit lac, puis nous poursuivons jusqu’à Glorenza, jolie petit village médiéval, entouré de remparts. Une fête locale avec chants folkloriques anime les lieux. Re-glaces pour tout le monde, mais on mange tout le temps cette année, pardi !

La Val Munstair dispose de très beaux emplacements de pique-niques, le long de la piste cyclable. Nous décidons de nous arrêter dans ce que nous considérons être comme l’endroit parfait pour notre bivouac, à savoir : une source aménagée, un emplacement pour le feu, une réserve de bois sec, et une belle clairière ! Mais les premières interrogations pointent aussi, le camping « sauvage » est-il autorisé ici, à la limite du Parc National du Stelvio ? Un garde communal passe quelques minutes plus tard, et nous rappelle juste qu’il faut bien laisser l’emplacement propre. C’est tout ?! Ah ben si ce n’est que ça, vous pouvez compter sur nous !

Alors que la soirée s’annonce sous les meilleurs auspices (petit apéro et grillades sur des pics en bois taillés chaque soir par les enfants), un énorme orage s’abat brutalement au début du repas. Si nous faisons un peu de résistance pour la forme, en continuant à manger comme si de rien n’était sous le déluge, nous terminons le repas dans les tentes, car nos bols de soupe se remplissent finalement trop vite d’eau de pluie ! Seul Seb reste dehors pour nous faire à manger, dans une tenue très spéciale : il s’est mis à poil en caleçon pour « rester au sec », et déambule sous son parapluie, entre le réchaud et la tente, pour nous servir, ce qui provoque une crise de fou rire chez nos ados, en forme ce soir ! Une partie de tarot achève cette soirée plutôt humide.

31/07/2017 – De quelque part après Glorenza au Val Vau – 17 km – 780 m+

Après la pluie, le beau temps ! Même les tentes ont le temps de sécher ce matin, avant de tout remballer.

La piste est plaisante, elle serpente dans le forêt, avant que nous passions la frontière avec la Suisse, sur un petit sentier. Un simple panneau signale le changement de pays, et de l’autre côté c’est encore le Val Müstair, aux paysages, architecture, langue identiques à ce que nous venons de parcourir côté italien. Les critères géographiques qui ont mené au choix du tracé d’une frontière, restent souvent obscures dans de nombreux endroits sur la planète…  Le Val Müstair n’y échappe pas : un trait sur une carte, pourquoi ici et pas ailleurs ?

Nous faisons les courses au village de Müstair, quelques minutes avant la fermeture de mi-journée du magasin. Et pour notre première entrée en Suisse cette année, quelques centaines de mètres après la frontière, nous sommes accueillis par des bouquets de drapeaux suisses, rouge et blanc, en vente. Chauvins les p’tits suisses ? Ou bien sont-ce les préparatifs de la fête nationale qui aura lieu dans deux jours, le 1er aout ? Ou bien un peu des deux, non ?! En tout cas, cela nous arrange bien, pas besoin de courir partout pour trouver un nouveau fanion des pays traversés, à accrocher sur le porte-drapeau du tandem. Et en plus nous en avons 5 pour le prix d’un, chacun y va alors de son petit drapeau suisse sur son vélo ! De purs nationalistes suisses, nous sommes devenus, en l’espace de quelques minutes.

Après Santa Maria, nous poursuivons dans la Val Vau. La piste grimpe fort, très fort : nous la voyons de loin, amorcer une remontée dré-dans-l’pentu, qui s’accentue vers la fin, sorte de paraboloïde, qui sèche les pattes des plus petits rien qu’à la regarder, et ceci bien avant d’avoir entamé la grimpette !

Nous arrivons en fin de journée au lieu de bivouac imaginé par Seb à la lecture des cartes, en France. De vastes champs, le long de la rivière. Mais en bordure de piste, les panneaux sont très clairs : camping et bivouac interdits. Dans un petit chalet habité par des vacanciers suisses, nous demandons si nous pouvons planter la tente à proximité. Ils nous indiquent qu’en étant discret, cela doit être envisageable. Heum, être discrets à 10, dont 5 jeunots… et un feu de camp, c’est illusoire ! Mais nous comptons sur notre bonne étoile, et nous avons l’aval de citoyens suisses ! Cela permet de se remémorer une belle réflexion de Jean-Christophe RUFFIN (Immortelle randonnée – Compostelle malgré moi), à propos des interdictions de bivouac qu’il rencontra en Espagne, sur le chemin de Compostelle, et de la bienveillance des espagnols à son égard lorsqu’il dormait en hors-la-loi : « Il est évidemment très difficile de faire respecter une telle interdiction. Rien n’apporte plus de jouissance que de transgresser une loi inapplicable. Cela donne le sentiment d’être plus raisonnable que le reste de la société. De surcroit, c’est un acte minuscule de résistance et, comme tel, il est source de fraternité. »

La soirée s’achève après une partie de foot avec les enfants du chalet, bercé par le cor des Alpes dont joue la mère de famille, puis par de bonnes grillades (saucisses et chamalows). Tandis que les trois garçons (Maxime, Gaspard et Titouan) allument les feux chaque soir au bivouac, Adélie est passée maitre dans l’art de la taille des pics à brochettes en bois. Armée de son canif, elle équipe une partie de la troupe pour nos repas du soir.

01/08/2017 – Du Val Vau au lac de San Giacomo – 19 km – 520 m+

On essaie de na pas trop trainer ce matin, afin de ne pas se faire remarquer inutilement. C’est parti pour l’une de nos plus belles journées de vélo de montagne, cette fois-ci dans le Val Mora.

Bien sûr, qui dit vélo de montagne en cyclo, dit également poussage. Mais ça monte bien aujourd’hui, et Maxime s’en sort très bien durant ces premières journées de montées, qui vont crescendo en difficultés.

A midi, alors qu’un superbe site s’offre à nous pour une pause pique-nique, des vaches hyper curieuses commencent à inspecter nos vélos, nos sacoches, à les léchouiller, bavouiller consciencieusement dessus, nous obligeant à fuir sur un petit promontoire rocheux, pour espérer sortir nos victuailles en paix. Aucune tentative pour les chasser (cris rauques et sonores, bras levés, …) ne fonctionnent. Têtues les bestioles ! Elles s’attaquent maintenant aux panneaux solaires de Céline et Olivier. Il ne faudrait tout de même pas qu’elle se mettent à machouiller consciencieusement les câbles des batteries et différents chargeurs ! N’y tenant plus, Céline et Olivier décident de lever le camp. Nous remontons sur les vélos pour aller manger quelques centaines de mètres plus loin, près d’une petit cours d’eau. Mais la vache ! Les voilà qui rappliquent ! Nous aurons quand même le temps de manger un bout…

L’après-midi est marqué par un superbe single, dévalé par Gaspard, Maxime et Adélie à pleine allure. Certains passages sont quand même un peu expos, et nous n’avons plus de nouvelles d’eux depuis un moment. Des randonneurs croisés nous indiquent qu’ils sont bien 20-30 min devant nous. Nous touchons du doigt une de nos craintes en voyage à vélo : se perdre, manquer une intersection, etc… Lorsque nous sommes en famille, cela s’est rarement produit, car nous voyageons toujours ensemble. Mais dès que nous sommes à plusieurs, si les règles ne sont pas clairement établies, et rappelées régulièrement, on peut se retrouver très vite dans des situations difficiles à gérer, et source de stress.

Nous repassons la frontière vers l’Italie, simple borne en pierre, dans une petite clairière. Nous disons au-revoir à la Suisse, que nous retrouverons dans quelques jours.

Ce soir, à nouveau un joli site de pique-nique s’offre à nous. Les panneaux d’information ne sont pas clairs. Ils indiquent que le bivouac est interdit dans le Parc du Stelvio, mais autorisé dans les lieux « prévus pour ». Est-ce un lieu « prévu pour » ? Vu la fatigue et l’heure avancée, on va dire que oui 🙂 .

02/08/2017 – Du lac de San Giacomo à Livigno – 17 km – 410 m+

Au petit matin, Ariane se prépare à sortir de la tente pour soulager une envie présente. Elle ouvre le zip de l’entrée, quand un 4×4 monte sur la piste, freine et s’arrête devant notre campement. Sur la portière, c’est écrit en gros caractères « Carabinieri ». Oups, refermons le zip de la tente. Pas vu, pas pris. Des pas se rapprochent. Par l’ouverture du bas de la tente, Ariane devine deux pieds chaussés de rangers.

  • « Bonjourno, c’è qualcuno ? »
  • « Seb, réveille toi, c’est UNE carabinieri, je crois que c’est mieux si tu y vas toi ! »

Seb sort encore endormi et commence à expliquer à la jolie garde et à son collègue, qui nous indique gentiment, mais fermement, que toute forme de camping est strictement interdite dans le Parc du Stelvio, Seb explique donc que nous voyageons avec des enfants, grosse étape hier, fatigue, grosse étape demain, pas de camping nulle part, tout ça, tout ça… et arme fatale : « même avant-hier soir, nous avons eu le droit de camper, et c’est la même région du Stelvio ! ». Bon, ça va pour cette fois, mais la loi, c’est la loi, ils nous indiquent qu’ils repassent bientôt vérifier que tout est démonté.

On sort les enfants des tentes, qui finissent leur nuit sur la table de camping, et ni une, ni deux, le camp est plié ! Nous n’avons jamais été prêts si rapidement, mais s’il nous faut l’intervention de la Police chaque matin pour être efficace, cela ne va pas être gérable ! A 8h30 nous commençons la montée vers le Valle Alpisella, frais et dispos !

Durant la montée, des glaciers nous dominent au loin. Une équipe de ski nordique autrichienne, en stage dans le coin, nous double en petites foulées. Les petits jeunes sont très sympas, et nous expliquent que c’est un jour de récupération aujourd’hui pour eux, petite sortie en somme. Ce qui booste Adélie : puisque c’est une « petite » sortie, elle avale le col à fond la caisse, et arrivera bien avant tout le monde là-haut. Mais derrière, chacun suit efficacement aussi, l’entrainement commence à faire ses preuves !

Nous nous arrêtons à une vacherie au col, qui propose de la tomme, ainsi que des sandwichs « maison » délicieux, pour 2.50 € : pour nous qui venons de rouler brièvement en Suisse avec ses prix prohibitifs, c’est un soulagement de manger pour ce prix là !

Puis c’est une descente très raide avec nos chargements, qui commence alors, vers le lac de Livigno. Les freins à disque de chacun sentent le cramé, puis pour le tandem d’Ariane et Titouan c’est la perte totale de freinage, le liquide étant entré en ébullition. Arrêt forcé quelques minutes pour que tout refroidisse. Quelques minutes plus tard, c’est au tour d’Olivier de connaitre des soucis de freinage.

Au Lago di Livigno, nous retrouvons brusquement de nombreux vttistes, des snacks, des promeneurs, il y a foule, cela nous désoriente après 2.5 jours sans voir grand monde !

Ce soir nous dormons au camping de Aquafresca, à la sortie de Livigno, rien de bien exaltant à première vue, un grand champ rempli de camping-cars, sans la moindre ombre. Et, chose inhabituelle, l’eau chaude se paye par jetons, ce qui oblige à être efficace sous la douche ! Mais finalement nous nous y sentirons bien, pour y passer le lendemain, un jour de repos.

03/08/2017 – Repos à Livigno

Aujourd’hui, Olivier part chercher son véhicule vers Chur, dans la vallée du Rhin (Suisse), en bus + train, car c’est demain qu’ils nous quittent, afin de poursuivre leurs vacances à la mer en Bretagne. Pour le reste de la troupe, c’est piscine et shopping au programme.

En effet, le complexe AquaGranda (du nom de la rivière qui traverse Livigno) est un immanquable de Livigno. Un centre aquatique exceptionnel, avec des toboggans impressionnants répondants aux doux noms de Bazooka (espèce de puits dans lequel on tombe, et qui se poursuit en toboggan, estomac accroché obligatoire), Active Blue (boyau étroit et sombre qui accélère au fur et à mesure de la descente), et Crazy River (un tunnel jaune éclairé de cercles hallucinatoires, que l’on descend sur des grosses bouées, ne demandez pas où étaient Gaspard et Maxime, ils y ont passé la journée !). A part ça, de nombreux jeux d’eau, un hammam, un bain turc. Il y en a donc pour tous les gouts, et pour un prix finalement assez raisonnable pour ce type d’aménagement.

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Après cette journée sportive, Seb rentre au camping (les navettes de bus gratuites sont hyper pratiques dans cette station de ski très étalée dans la plaine), avec la petite troupe un poil fatiguée (il perdra d’ailleurs patience le soir, devant certains énergumènes difficilement gérables…).

De leur côté, Ariane et Céline font du shopping. En effet, Livigno, situé à quelques kilomètres de la Suisse, est une zone franche exemptée de TVA. L’occasion de faire le plein d’alcool divers, qui seront ramenés en voiture par Céline et Olivier.

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