[Trans-alpina vélo] – Dolomites italiennes

Du 20 au 28 juillet 2017

Où nous pédalons sur l’eau même les jours de repos au lago di Dobbiaco ; où nous poussons loooongtemps les vélos sur une piste montante et où, non content de notre effort, nous les portons alors à la descente sur un chemin à câbles (😯) ; où nous croisons brièvement Papy et Mamy venus de France, nous déposer le cousin Maxime, notre nouveau coéquipier, prêt à en découdre !

20-21/07/2017 – De Tassenbach  à Dobbiaco (puis jour de repos à Dobbiaco) – 25 (+7) km – 240 (+100) m+

Ce matin, c’est à trois tandems assis-couchés que nous prenons la route. Ce n’est pas de cette manière que nous allons voyager incognito ! En plus de notre bon vieux PINO rouge de chez HASE, notre convoi est agrandi par les deux MORPHEUS blancs de chez CIRCé, dans lesquels ont investi Céline et Olivier cette année, pour y installer leurs deux filles de 10 ans.

Le MORPHEUS est une « copie » du PINO, avec deux roues de 20″ (20″ à l’arrière également, à la place du 26″ du PINO). Les équipements sont sensiblement comparables à première vue, mais nous ferons un bilan comparatif après utilisation. Quand au budget, il peut être quasiment divisé par deux pour le MORPHEUS, par rapport au PINO. En attendant, dès le premier jour, comme Adélie, Adèle et Manon ont exactement le même gabarit, elles échangent leurs divers vélos :

Pour ce premier jour tous ensemble, nous nous contentons de remonter doucement la Drau, afin d’atteindre Dobbiaco, où nous ferons une pause d’une journée le lendemain, car les enfants fatiguent. En effet, depuis Bled en Slovénie, ils ne sont pas reposés.

Arrivée en début d’après-midi au camping Toblacher See (à 3 km du centre-ville), qui jouxte le lac de Dobbiaco, nous apprenons que nous sommes dans un camping « silencieux », qui interdit donc tout bruit entre 13h et 15h. Ici la sieste semble sacrée ! Interdiction de monter la tente, nous devons attendre.

L’arrivée des copains coïncide avec un changement de temps notable. Des petites averses nous ont accompagné dans la journée, jusqu’à Dobbiaco, rien de terrible, mais nous sentons que ce démarrage humide ne ravit pas Céline, qui aurait préféré un ciel radieux pour ses premiers tours de roues. Le lendemain à Dobbiaco, le changement de temps se confirme, et il pleut à partir de la mi-journée. Les enfants ont quand même le temps de profiter du lac en pédalo !  Nous étions passé ici en vélo en 2012, Titouan avait tout juste 1 an… et bien sûr le tour de pédalo avait été obligatoire.

Retour en 2012 :

Et cette année, en 2017 :

Puis nous essayons de visiter le centre-ville tout en faisant les courses pour les prochains jours, entre deux averses 😟.

Ce soir, afin de respecter nos précieuses habitudes de grillades, qui tiennent tellement à cœur à Titouan, des allemands, un père et son fils, nous invitent à partager le feu qu’ils viennent d’allumer. Moment bien convivial !

 

22/07/2017 – De Dobbiaco au Lago di Fanes – 28 km – 780 m+

Après ces derniers jours de pistes cyclables le long de la Drau, l’appel des montagnes est très fort chez TSAGA. En effet, pour rejoindre Armentarola, deux options s’offrent à nous : soit remonter la route du Val di Landro via les cols de Falzarego (2105 m) et Valparola (2192 m) ; soit traverser les alpages de Fanes, via des pistes puis singles et le col de Fanes (2157 m). Mais nous savons que pour cette seconde option, la descente sur Armentarola nécessitera certainement des portages de vélos… Cette éventualité ne semble pas (encore) effrayer les copains, ils sont partants pour le Val di Fanes. Heum… est-ce bien raisonnable 😮 !! Ont-ils bien conscience dans quoi ils s’engagent ?! Parce que nous… non.

Dès que nous quittons la piste cyclable pour la montée sur piste du Val di Fanes, nous entrons dans le vif du sujet : la piste est trop raide (> 12-15%) et caillouteuse, pour pouvoir pédaler, surtout chargés. Nous pensions pouvoir monter en roulant relativement longtemps, et n’avoir que quelques passages plus physiques, mais non, le poussage débute dès le bas… Mais en ce début de journée, chacun est motivé, et nous commençons nos allers-retours (qui vont durer 2 jours) afin de monter les vélos : rapidement, nous laissons les enfants monter à pied et à leur rythme, sans s’occuper des vélos. Cela leur permet de jouer, explorer, grignoter, tandis que nous nous attelons à pousser chaque vélo sur quelques centaines de mètres, avant de redescendre chercher ceux qui restent en bas, puis recommencer. Une « noria » de va-et-vient assez physique. Si nous avons déjà vécu plusieurs plans galères en voyage à vélo durant les années précédentes, nous espérons secrètement que les amis, qui démarrent leur séjour par cette montée peu sexy, et n’ont pas forcément le même vécu que nous, ne vont pas « craquer » prématurément. Mais ils font preuve d’une volonté remarquable !

Après les 700 m+ de poussage de la journée (multipliés par 3 allers-retours en moyenne pour les adultes afin de monter les vélos), nous nous arrêtons bivouaquer près de la rivière (Lago di Fanès, juste avant l’entrée du Parc Régional où le bivouac est interdit). Malgré la fatigue de chacun (enfin, des parents surtout, parce que côté marmots, rien à signaler, ça grimpe et court dans tous les sens ce soir !), les enfants ont droit à leur inévitable petit feu avec grillades.

 

23/07/2017 – Du Lago di Fanes à Armentarola – 11 km – 340 m+

Au menu de ce jour ? Et bien du poussage en plat de résistance, bien évidemment, et un soupçon de portage pour relever le tout ! Dès le départ, après quelques parties roulantes, le raide fait son retour. Quelques vttistes s’arrêtent interloqués et nous demandent où nous comptons aller. Lorsque nous leur expliquons que nous redescendons sur Armentarola, ils restent incrédules, et nous assurent que nous ne passerons jamais avec les tandems… car le chemin est équipé de câbles. Le fait que Seb leur précise que nous le savons plus ou moins, les laissent perplexes !

Bon. De toute façon, là où nous en sommes, nous pouvons difficilement faire demi-tour, car cela nous rallongerait inutilement de quelques jours. Seb est confiant car il s’agit d’un gros sentier très parcouru, et non une via ferrata, il ne faut rien exagérer. Alors en avant !

Arrivés au col, le refuge de Gran Fanes nous tend les bras, et comme toujours chez TSAGA, impossible de rester insensible à l’appel de la tarte aux myrtilles ! C’est un espèce d’accord tacite entre les enfants et nous : OK, ils montent partout sans rechigner, mais en contrepartie ils mangent partout et tout le temps !

Mais c’est sans compter sur la fatigue des copains, qui brusquement décident de ne pas s’arrêter et de commencer la descente, craignant l’orage. Pourtant à part quelques cumulus de milieu de journée, il fait encore beau ? Notre groupe se sépare donc pour un petit moment, et nous prenons pleinement conscience que « nos plans foireux originaux » ont bien entamé leur résistance physique et morale. Pourtant, pour nous, la pause est nécessaire pour repartir reposé, car les difficultés ne sont pas terminées, et pour ne rien gâcher, le panorama est splendide.

Mais heureusement, au bout du plateau, nous les retrouvons avec plaisir, ce qui nous permet d’entamer, tous ensemble, la fameuse descente qui va nous demander beaucoup d’énergie. Au début, celle-ci est encore bien roulante, avant de devenir un sentier plus étroit. Tellement étroit que la béquille du tandem d’Ariane bute sur un rocher et arrache l’attache gauche fixée au cadre. Seb ayant pris une attache de secours au cas z’où, la béquille est réparée au bout de quelques minutes.

Puis nous arrivons au crux ! Le sentier plonge dans la falaise, en escaliers, mais il est bien sécurisé par des barrières en bois, et les câbles servent en fait de main courante dans les escaliers. Nous allons réaliser de long portages, en déchargeant complètement les vélos, et en descendant sacoches et vélos séparément. Tandis que Seb, Céline et Olivier s’occupent de l’ensemble des vélos, Ariane descend le PINO et les 4 enfants (Adélie, Titouan, Adèle et Manon) qui transportent leurs sacoches à la main. Quand à Gaspard, il est d’une aide précieuse, en réalisant spontanément d’innombrables allers-retours pour acheminer la totalité des sacoches.

Puis c’est le drame ! Céline glisse dans la descente et se tord méchamment la cheville, rendant alors sa progression compliquée. Mais heureusement, une compresse de gel froid et un cachet anti-douleur plus tard,  la voici sur pieds… ou ce qu’il en reste ! Nous parvenons enfin à la piste. Nous nous laissons alors glisser jusqu’au camping d’Armantarola que nous atteignons très vite. Le pied de Céline semble aller mieux, et le rituel douche, lessive, restaurant permet à tout le monde de se remettre de ces deux journées riches en émotions !

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Camping d’Armentarola

 

24/07/2017 – D’Armentarola au pied du Passo Gardena – 18 km – 510 m+

Nous descendons la vallée de San Ciascian. Peu avant La Villa di Badia, l’orage menace. On décide de s’arrêter sous des arcades dans le village. Quelques minutes plus tard une pluie violente s’abat tout autour.

Gaspard part explorer la place et revient au bout de quelques minutes : il a découvert un centre culturel, qui fait bibliothèque et ludothèque, idéal pour nous abriter encore quelques heures, en attendant que la pluie se calme.

Bien au chaud, alors que chacun a entamé des parties de jeux de société, Ariane remarque au bout d’un moment que Titouan n’est plus là. Tour de la bibliothèque, rien. Tour des trois étages du bâtiment, rien. Tour des toilettes de tous les étages, rien. Mais à force de l’appeler, nous entendons une petite voix venant de très loin nous répondre. Mais d’où appelle-t-il ?? Là, de l’ascenseur ! Nous ouvrons la porte et le découvrons les yeux plein de larmes. Il voulait juste « visiter » l’ascenseur, cette belle machine dont il n’a pas l’habitude : il le contemplait depuis un bon moment derrière les vitres de la bibliothèque, puis s’est levé juste « pour voir ». Puis il est entré dans cette grosse boite « juste pour voir ». Et là clac, la porte s’est refermée sur lui, et il n’a pas osé appuyer sur les étages, ne sachant où aller…  Après cette frayeur, et une bonne explication, la pluie s’est arrêtée, et nous repartons… non sans avoir appris à notre fiston à prendre l’ascenseur !! Ça au moins, c’est fait.

Ce soir, nous dormons au pied du Passo Gardena, dans de grands prés face aux reliefs dolomitiques.

 

25/07/2017 – Du pied du Passo Gardena à Monte Pana (Val Gardena) – 19 km – 580 m+

Temps splendide au réveil ce matin !

Le départ ce matin se fait dré-dans-l’pentu, pas d’échauffement possible : il nous faut remonter notre pré, puis attaquer tout de suite la montée du col du Passo Gardena, à 2121 m (8% en moyenne).

Adélie est loin devant avec son frère ou Seb, et arrive la première au col. De nombreux cyclistes high tech, ultra-light en vélo carbone, lancés dans leur « chasse aux cols » s’arrêtent pour encourager la petite louloute et ses sacoches, ce qui la motive encore plus, et nous oblige à suivre le rythme !

Après s’être correctement couvert, nous savourons la descente sur bitume, avant de manger à Wolkenstein. Puis nous repartons, en rive gauche du Val Gardena, vers le Monte Pana, par de jolies pistes cyclables en forêt.

Alors que nous freinons à proximité d’une maison, un couple de retraités nous aborde, intrigués par nos vélos. Ils nous prennent en photos, puis nous invitent chez eux à prendre le goûter. Dans leur magnifique maison, ils nous servent boissons et gâteaux sur leur terrasse, tandis que les enfants prennent d’assaut… les toilettes ! Il semblerait qu’ils soient heureux de retrouver un peu de confort.

Nous poursuivons notre montée vers Monte Pana. Les émotions des derniers jours ont eu raison de la patience d’Ariane, qui souhaite ce soir s’arrêter un peu plus tôt pour que les enfants aient le temps de jouer, tandis que Seb, toujours lancé à fond, aimerait dormir plus loin… Comment ça, on l’a déjà dit, ça ?!!

Bref, nous trouvons finalement un joli petit coin de bivouac à côté de la piste, et nous aurons même le temps de faire quelques jeux de société apportés par les copains.

 

26/07/2017 – De Monte Pana à Bolzano, puis Vilpiano – 63 km – 470 m+

Ce matin au réveil, c’est l’Armée qui vient se garer à côté de nos tentes, mais ne prête pas vraiment attention à notre bivouac. Ils s’installent dans le champs d’à côté, et au bout d’un moment, c’est un ballet d’hélicoptères qui nous survolent en lâchant des parachutistes qui attérissent à côté de nous. Nous sommes aux premières loges d’un spectacle peu courant !

Après une petite descente sur piste vers Saltria, nous remontons vers l’Alpage de Suisi, qui marque notre dernier col avant la longue descente de 1700 m de déniv’ sur Bolzano.

Aujourd’hui, nous devons retrouver à Bolzano, les parents de Seb qui viennent spécialement depuis la France pour partager un jour de repos avec nous et nous déposer le cousin des enfants, Maxime (13 ans), qui va se joindre à nous pour quelques semaines. Mais en cours de route, ils nous préviennent qu’ils ne trouvent aucun camping libre dans un rayon de 80 km ! Ils vont donc nous déposer Maxime, et repartir tout de suite vers l’Autriche… Adieu le jour de repos tous ensemble. Si de notre côté, à vélo, nous arrivons à nous caser un peu partout, pour eux, c’est plus délicat avec leur caravane.

Nous nous donnons rendez-vous au milieu de nulle-part, en bordure de route. Rien de bien sympathique. Pourtant la Mamy prend le temps d’offrir à gouter à tout ce petit monde. Maxime est dans les starting-blocks, sacoches fermées, déjà sur son vélo. Nous en profitons pour nous délester de quelques affaires qu’ils ramèneront en France. En particulier le violon d’Adélie, qui souffre un peu sur les pistes. Et c’est reparti. Nous avons le cœur gros de ne pas avoir pu nous voir plus longtemps, car les enfants attendaient avec impatience ce moment. Mais Gaspard est tout de même très heureux de retrouver son cousin de son âge, parce que, les « petits », ça va 5 min, hein !

Il nous faut filer, car après vérification téléphonique, le camping de Bolzano est complet, et c’est à Vilpiano, 17 km après Bolzano, que nous avons de la place pour tout notre petit monde.

Après 63 km aujourd’hui, les enfants sont … cuits, oui c’est ça !

 

27-28/07/2017 – Repos à Vilpiano et visite de Bolzano

Nous allons passer deux journées à Vilpiano, dans un petit camping  familial à taille humaine : bon finalement, entre la piscine du camping et la visite de Bolzano et de son musée d’Otzï, ce n’est pas de tout repos, mais ça change du vélo !

Comme en 2012, les enfants apprécient la visite du musée de l’Homme des glaces, découvert fortuitement en 1991, sur un glacier transfrontalier du massif de l’Otzal (entre Italie et Autriche). Quelques jours après la découverte du corps par des montagnards, le célèbre alpiniste Reinhold Meissner monte à son tour voir la dépouille et en conclut que ce corps n’appartient pas à un alpinisme moderne mais bien à un homme ayant vécu à une époque nettement plus ancienne. A cette période, Meissner rentre d’une expédition himalayenne sur les traces du Yéti, et c’est ainsi qu’il baptise cette momie OTZI, néologisme issu de la contraction de OTZal (nom du massif) et de yétI ! Le musée permet de découvrir l’univers de cet homme (qui vécu près de 3000 ans av. JC) : comment il était habillé, comment il se nourrissait, et les affections dont il était atteint…

Bolzano en 2012 et en 2017 :

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