Journées de transit (1)

…où les attentats occupent nos esprits, où l’on s’habitue à ne jamais retrouver nos bagages dans les aéroports, où la chaleur étouffante de Delhi nous surprend, où l’on découvre un jeu indien assez populaire.

29 juin 2016

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Contrastes indiens : la vache et le portable


Mercredi 29 juin 2016 : Emmanuel est ponctuel, et nous quittons la maison à 6h30. A la gare routière de Grenoble, après nous avoir aidé à transporter nos 200 kg de bagages dans la soute du bus, dont le moteur est déjà en route (nous n’avons finalement pas tellement d’avance !), Manu part au travail tandis que nous roulons vers l’aéroport de Lyon.

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Après le mini-bus…

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… le grand bus !

Nous apprenons avec consternation l’attentat perpétré par 3 kamikazes, qui a eu lieu quelques heures plus tôt à l’aéroport d’Istanbul. Cela crée en nous un sentiment de malaise. Nous connaissons « bien » cet aéroport, pour y avoir plusieurs fois fait escale. Nous y avions notamment longuement patienté en 2014, à l’aller, puis au retour du Népal. Nous y avions fait la connaissances d’une famille franco-népalaise, avec 2 enfants. Et nos cinq bambins avaient alors joué paisiblement à cache-cache dans l’aéroport, avant d’aller acheter des loukoums, puis revenir encore s’amuser… Nos souvenirs de vacances inscrits dans ces lieux sont si joyeux et tellement loin de la barbarie de ce jour.
Dans un premier temps nous n’en parlons pas aux enfants, afin de ne pas les stresser inutilement, surtout Adélie très sensible à ces informations terroristes. Mais à l’aéroport de Lyon le climat est tendu et ne passe pas inaperçu pour eux avec de nombreuses patrouilles de militaires. Après l’enregistrement des bagages, alors que Titouan et Ariane retournent à l’entrée de l’aéroport pour acheter des viennoiseries, ils remarquent que le nombre de militaires a augmenté depuis leur arrivée 1 h plus tôt, c’est maintenant un militaire posté tous les 2 m qui sécurise les lieux. Puis subitement l’un deux s’avance pour demander d’évacuer la zone immédiatement : toutes les personnes installées aux tables et qui sirotent un café ont quelques secondes pour partir. Climat un peu stressant, même si cette précaution semble uniquement liée à l’arrivée d’un avion en provenance d’Istanbul… A Franckfort (notre escale avant Delhi), nous trouvons que les contrôles de sécurité s’éternisent, avec scan corporel intégral et fouille des bagages. Au retard de notre premier avion en lien avec les perturbations engendrées par l’attentat, s’ajoutent ces contrôles plutôt longs et il nous faut courir à travers l’aéroport de Francfort pour être certains d’attraper notre vol.

Bref, malgré l’absence de zénitude des lieux en ce jour particulier, nos vols seront d’un calme remarquable : que ce soit en termes de conditions aérologiques, que du point de vue de nos enfants, qui en grandissant, trouvent de plus en plus à s’occuper durant les longs voyages. Et pour la première fois nous volons dans un avion à 2 étages, un A380 : Titouan ne pensait pas que cela puisse exister !

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Paladru, Vercors et Chartreuse

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Mont-Blanc

Tiens, en récupérant nos bagages (nous arrivons à 21h15 heure française, 0h45 heure indienne) , toutes nos sacoches sont bien là. Etrange, il ne nous manquerait donc rien pour une fois ?!Nous nous rendons ensuite aux bagages hors format, tout guillerets et confiants, et là c’est plus long… Bien plus long… A 2h30 du matin, nous nous résignons à aller déclarer la « perte » du tandem. Les enfants somnolent sur divers bancs et chariots, Titouan dort dans le dos d’Ariane (Dieu qu’il devient lourd le bougre, ça sent la fin du portage !), tandis que Seb la joue finement avec la douane, qui réclame des tas d’infos sur la valeur du carton manquant et donc du tandem : il ne manquerait plus qu’on nous le bloque en douane si jamais il arrive !!

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Pov’z’enfants : Adélie s’est endormie sur son cahier de jeux, Titouan ne jure que par le dos de sa maman, Gaspard tiens à son petit confort… et nous on attend nos vélos…

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Sortie de l’aéroport de Delhi : tout rentre dansle taxi pré payé, mais on est loin d’être arrivé !

On quitte les lieux grâce à un taxi pré-payé déniché à l’aéroport, et heureusement qu’il nous manque le tandem, car on ne sait pas comment tous nos bagages auraient pu être transportés malgré la taille importante du véhicule Toyota qui nous récupère… La chaleur étouffante nous surprend : 35°C à 3h15 du matin, et une humidité que nous connaissons peu (les lunettes de Seb se couvrent instantanément de buée). Commence alors un jeu indien assez populaire à Delhi : l’embobinage-du-touriste-fraîchement-débarqué-de-l’avion-par-le-chauffeur-de-taxi. Cela se rapproche du jeu de rôle, tout en réclamant patience et stratégie : il consiste, pour celui qui tient le rôle de chauffeur de taxi, à simuler le fait que l’hôtel du touriste est introuvable et qu’aucune rue n’y mène (l’idéal est de trouver une pseudo rue en travaux, facile à Dehli !) ; il lui suffit ensuite de s’arrêter devant un autre hôtel avec lequel il a convenu de récupérer une commission, de faire vaguement semblant de chercher le bon hôtel, et surtout de faire duuuuuuuuurrrrreeeeeerrr… le jeu ! Pour celui qui tient le rôle de touriste, il suffit de rester zen et ferme, et malgré les heures nocturnes qui défilent, d’attendre patiemment que le chauffeur retrouve enfin le bon chemin et le bon hôtel. Le joueur qui a perdu est celui qui craque le premier. Cette fois-ci, c’est nous qui avons gagné, et à 4h30 nous étions enfin dans notre chambre d’hôtel !

Bon, avec la fatigue, il ne nous a pas fait une grande impression. On s’est retrouvé debout à se regarder, au milieu de la chambre, des sacoches plein les bras, dans une pièce hyper chaude malgré le ventilo (« un hélicoptère qui tourne au-dessus de la tête » dixit Titouan), à l’hygiène douteuse, et à la déco tristounette… Les premières heures de voyage sont parfois déroutantes, et il faut progressivement perdre ses propres repères, pour mieux apprécier un nouvel environnement et de nouveaux codes… Car après quelques heures de sommeil, nous apprécierons beaucoup Delhi !

2 réflexions sur “Journées de transit (1)

    • Merci pour ton message ! Réponse un peu tardive, n’ayant pas eu de connexion WIFI depuis… oh 5 semaines !! Magnifique pays de contrastes qu’est l’Inde, un continent à lui tout seul, qu’il faut bien plus qu’un voyage pour réellement appréhender. Notre séjour se termine, mais aura été riche de rencontres multiculturelles dans des régions pourtant bien difficiles d’approche. Ariane

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