Les Rouies à ski, ce n’est pas le Paradis… mais presque !

Du 23 au 25 avril 2017. Une traversée sauvage à ski, entre deux belles vallées des Ecrins, désertées par les skieurs de randonnée et pas encore fréquentées par les alpinistes.

Depuis plusieurs années, Damien souhaitait réaliser à ski le tour du Grand Paradis, dans le Val d’Aoste (Italie). Malheureusement, la météo annoncée nous a obligé à changer d’objectifs, avec comme contrainte d’être présents à nos bureaux de vote respectifs pour le 1er tour des élections présidentielles.

Au pied levé, on prend l’équipe amincie (Damien, Pierre, Seb, puis Jeanne à la fin) du projet initial, avec pour l’idée d’aller profiter d’un court créneau météo avant l’arrivée d’une nouvelle dépression associée à des températures dignes du cœur de l’hiver.

Départ du Vercors en plein après-midi, pour la Bérarde. Direction le refuge d’hiver du Carrelet que l’on atteint, après une heure de portage, alors que le soleil embrase les Ailefroide et son glacier Long. Ici, plus de réseau téléphonique et ce n’est donc pas aujourd’hui que nous aurons les résultats des élections ! Avant d’aller nous coucher, on part repérer – pour le lendemain matin – comment traverser au mieux le vallon. Un arbre salvateur, tombé en travers de la rivière, nous permettra de rejoindre en moins de 15 min les premières langues de neige, sans avoir à enlever nos chaussures pour mettre nos pieds dans l’eau glaciale de la fin de la nuit…

L’objectif du jour est de rejoindre les Rouies, avant de basculer dans le vallon de la Lavey. Une journée d’environ 2000 m de dénivelée nous attend. Au petit matin, après un petit fourvoyage dans les vernes, on remonte aisément le glacier du Chardon. Le retrait glaciaire a compliqué l’accès au glacier supérieur des Rouies, en laissant à nu des roches moutonnées fortement inclinées. Heureusement, il reste une petite langue de neige qui nous permet d’accéder au glacier supérieur sans trop de difficultés.

Après ce petit coup de chaud, on remonte aisément le glacier jusqu’au pied de la face terminale. Une fois n’est pas coutume, les Hautes-Alpes semblent surmontées d’une mer de nuages alors que le côté Isère reste épargné… pour le moment. Petit aller-retour au sommet, avant d’entamer la descente, d’abord par le chemin emprunté à la montée. Ensuite, sur une carte des années 1990, j’avais remarqué un itinéraire (qui n’est plus présent sur les cartes actuelles) qui permettrait de bifurquer à 3100 m, en évitant ainsi 150 m de dénivelée à descendre jusqu’au pas de l’âne. De visu, ce petit couloir semble assez évident et d’après la carte il déboucherait à proximité immédiate du col de la Lavey, notre objectif pour basculer dans le vallon du même nom. Sauf qu’arrivée en haut du couloir, il y a une falaise d’une trentaine de mètres qui domine le glacier qui semble s’être fait la malle ! Après quelques hésitations, on tire un rappel pour descendre cette pente raide dépourvue de neige. Ensuite, la remontée au col de la Lavey n’est qu’une formalité, avant une belle descente ludique jusqu’à la fin de la neige (vers 1950 m).

Cette année le refuge de la Lavey n’est pas gardé au printemps et on sera donc bien seuls dans ce site bucolique. Jeanne, bien motivée malgré les prévisions météo incertaines, nous monte quelques bières pour le soir… (merci à elle).

Le lendemain, le ciel se couvre rapidement. On revoit l’objectif initial de la tête des Fétoules car il faut probablement porter jusqu’à 2400 m, soit plus de 900 m de portage à la descente…

L’idée est de rejoindre le col des Aiguilles (3092 m) théoriquement nettement plus accessible que son voisin, le couloir Maximin. Ce matin, seulement une demi-heure de portage, sauf qu’on butera sur les 200 dernières mètres, pas forcément plus raides que plus bas (30-35°), mais nettement plus exposés. Les flocons commencent à voltiger, et on n’a pas forcément envie de prendre des risques. Une belle descente continue de 1000 m de dénivelée nous attend. Après un loooooooong portage de retour, on retrouve la civilisation à Champhorent, après être allé admirer la magnifique cascade (cachée) de la Lavey.

Après 48 h sans avoir croisé âme qui vive, on partage un bon dessert au bar historique de La Cordée à Saint-Christophe-en-Oisans. Ceci conclu une petite traversée dans la Grand Oisans Sauvage… faute de Grand Paradis !

Merci à Damien pour le projet initial, et à tous les participants pour ces bons moments partagés !

Seb

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