Les photos de Bhandar

C’est une situation étrange que de jongler avec les préparatifs plutôt réjouissants de notre départ imminent en Amérique du Sud, et le suivi des nouvelles de nos amis népalais en pleine détresse après le séisme. Ces deux événements antagonistes se télescopent pour nous dans le même période, nous laissant un gout amer et une certaine culpabilité d’avoir la chance d’aller nous « promener » durant 3 mois, tandis que pour Kaji, sa famille et tellement d’autres au Népal, les préoccupations immédiates sont de pouvoir dormir décemment dehors en pleine mousson, et manger correctement dans les prochains mois.

Ce matin Philippe et Gyamou nous ont transmis des photos de Bhandar, cet ancien petit havre de paix :

1er abri entre les deux séismes

Les enfants de Kaji devant le premier abri entre les 2 séismes.

lodge bhandar

Le lodge de Bhandar (côté sud). Pour se situer : la fenêtre du bas, est la partie de l’habitation de Kaji. La fenêtre du haut correspond à la chambre où jouaient Dolma, Ditchen, Adélie, Gaspard, Titouan, et les 4 enfants de Kaji l’an dernier.

détail lodge bhandar

Le lodge de Bhandar

nouvel abri apres le 2e séisme

Kaji devant le nouvel abri suite au second sésisme du 12 mai

Nouvelles de Bhandar

Des nouvelles envoyées par Kaji depuis son portable ce matin :

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De: kaji sherpa <sherpa2salaka@gmail.com>
Envoyé: Fri, 15 May 2015 04:46:15 +0200 (CEST)
Objet: Re: Re : thank you

thank you mail it is very dificult time for us and furba is safe we
are safe and father of rinji is deth and many people injured but we
could not get any help from governmet. all houses and monartris stupa are broken .

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Philippe et Gyamou nous ont dit : « les villageois ont réussi à bricoler la ligne électrique pour charger les portables à tour de rôle. Les gens sont traumatisés là-bas, Kaji disait qu’hier il y avait de l’orage + le grondement du sol qui tremblait lors d’une réplique; les enfants pleurent, bref c’est dur. »

Pour finir, le Népal (du sud) d’Adélie en forme de mandala :

IMG_0921

Le Népal en ruine…

SP20150426_Nepal-800

Dur de rester devant son écran, quand à l’autre bout du monde, c’est la pagaille…

Faire un don financier semble essentiel, urgent, tant les besoins de reconstruction sont importants. Mais à qui, comment ?

Lorsqu’on a des contacts sur place, aider directement les intéressés parait le plus efficace, le plus direct. Mais tellement insuffisant à grande échelle… Alors il y a les ONG qui le font mieux que nous, en déterminant au mieux les populations les plus exposées.

Selon les Wagnon, résidents au Népal (http://leswansaison3.blogspot.fr/), il est essentiel de savoir à qui on donne en ce moment très particulier :

« Le gouvernement népalais a décidé de contrôler l’affectation de tous les dons. Tout argent qui arrive au Népal lié de près ou de loin au séisme sera directement reversé sur le compte de la fondation du premier ministre. Si, si !

Cela pour mieux coordonner l’aide.

Les grandes organisations savent négocier avec les gouvernements donc sauront et pourront utiliser vos dons. Pour les petites, c’est moins sûr. La plupart vont donc bloquer l’argent, cela leur permettra de voir où bien employer l’argent. Qui servira à la reconstruction et non à l’urgence. Ou alors, quand elles ont des associations en France et au Népal par exemple, elles n’indiqueront pas que c’est pour le séisme. »

Alors ils ont créé une page qui recense les Associations sur lesquelles on peut compter, les très connues, et les plus petites qui font aussi du gros boulot sur le terrain et ont des relais de confiance sur place :

http://leswansaison3.blogspot.fr/p/aidons-le-nepal_30.html

Au-delà de ces pistes, il y a une multitude d’assoc’ franco-népalaises, qui travaillent dans différentes régions du Népal, et sur différentes problématiques, alors à chacun de s’orienter selon ses sensibilités.

Dans tous les cas, c’est maintenant qu’il faut faire un geste pour le Népal, avant de les oublier tandis qu’on est happé par notre quotidien !

Bhandar, Bhusinga, si proches du nouvel épicentre…

Bhandar, le village où vit Kaji avec sa famille, et Bhusinga, le village d’origine de la famille, sont tout de même bien proches de l’épicentre de ce nouveau tremblement de terre (environ 20 km)… Même si nous n’avons pas de photos, les descriptions reçues via Philippe et Gyamou sur les destructions des zones que nous avions parcouru à pied avec eux, en mars 2014, sont explicites.

Des bonnes nouvelles de Kaji, finalement reçues ce matin :

« On a eu Kaji, il était sur le chemin entre Bhusinga et Bhandar quand c’est arrivé. Il a échappé de justesse à des chutes de pierres… Il vient d’arriver à Bhandar, sa femme et les enfants sont ok. La plus grande, Passi, est à l’école à KTM, on espère que ça va.

Le monastère à Bhandar et les stupas sont détruits; beaucoup de dégâts sur Bhandar; plein de fissures au sol… plus d’électricité, et plein de répliques. On espère que le courant reviendra avant que la batterie de Kaji soit fini. On verra bien. L’essentiel est qu’ils sont ok malgré toutes ces destructions. »
Quelques photos de notre séjour de l’an dernier pour se rappeler « avant » et pour imaginer « après » :
  • Tout d’abord, Bhandar et le lodge tenu par Kaji, aujourd’hui difficilement utilisable :
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Le lodge Ang Dawa de Kaji à Bhandar (source : internet)

  • Le monastère de Bhandar, à côté du lodge, a priori détruit également :
  •  Bhusinga et le monastère familial construit par un ancêtre de la famille, très endommagé :
  • Le monastère de Kingurding, détruit aussi a priori :
  • Maison des parents de Furba, qu’est-elle devenue ? :
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Les divers récipients décoratifs et utilitaires, qui tapissent les murs de maisons du Solu

  • Le superbe intérieur en bois travaillé, de la maison de la sœur de Gyamou, partiellement détruite également :

IMG_1333

Népal – Séisme du 12/05/2015

Alors qu’ayant enfin des nouvelles, via Philippe, de Kaji à Bhandar qui est allé inspecter les villages alentours, je m’apprêtais à faire un petit billet, je reçois pendant que je rédige ce post, un mail de Philippe qui m’annonce qu’un second séisme de magnitude 7,4, vient de se produire ce matin, dont l’épicentre est proche de l’Everest, donc proche de la famille de Gyamou :

« Salut
Bon sang, ça vient de recasser, magnitude 7 puis 6 en plein dans notre zone
Téléphone coupé
On n’arrive plus à avoir Kaji

PM »
20150513_Carte_Everest_repliquesOn espère que de vivre dehors sous tentes depuis le 25 avril dernier, date du premier séisme de magnitude 7,8 (faisant plus 8 000 morts et 17 800 blessés), les habitants auront été épargnés.

Nous pensions déjà à la reconstruction, en cherchant le moyen le plus efficace de les aider, mais l’état d’urgence est à nouveau bien présent.

Le 25 avril dernier, nous avions entendu en plein après-midi à la radio, la nouvelle d’un tremblement de terre au Népal. Au fil des heures, nous avions compris que ce tremblement de terre était sérieux. Nous avions tout de suite pensé à la famille de Gyamou et Philippe, dans le Solu, et surtout à leurs neveux scolarisés à KTM. Et puis Philippe nous avait rapidement envoyé des nouvelles rassurantes, les enfants étaient avec leurs parents (vacances scolaires) à Bhandar, personne n’était blessé, mais tout le monde dormait dehors.

Depuis Philippe a renvoyé ces nouvelles, nous décrivant toutes les étapes de notre trek avec eux l’an dernier, au gré des recontres avec leur famille :

« Quelques nouvelles de Kaji qu’on a eu hier. Il était monté jusqu’au monastère de Kirdunding qui a été dévasté. La maison de sa soeur, où on s’était arrêté déjeuner dans une belle salle de séjour est malheureusement foutue. A Bhusinga, les maisons en pierre de la famille et des proches sont toutes fissurées, mais leur belle mère y dort quand même car elle n’a pas d’autre choix, et elle est en pleine plantation des maïs. Le monastère de la famille est également fissuré mais tient debout. « Notre Mani » qu’on avait restauré avec nos petites mains est cassée. Kaji a pris des photos, on attend qu’il soit retourné à Bhandar pour pouvoir nous les envoyer. A Bhandar le lodge qu’il avait en gérance est foutue, mais les propriétaires pensent le reconstruire. Ils ont dormis 10 jours sous un abri de fortune (là où se trouvait le buffle, au dessus du lodge…), mais Kaji a pu récupérer une jolie tente des secours pour loger un peu mieux sa famille en attendant. »
Cette fois-ci, les dégâts risquent d’être encore plus sérieux, on pense fort à eux.

Népal – Guides et porteurs Sherpas

Après l’épisode du « Pocket Film », nous tenions à revenir brièvement sur le côté pratique de notre trek, et en particulier sur l’aide des sherpas.

Sans entrer dans le détail de notre parcours dans les montagnes du Solu Khumbu (on y reviendra dans un prochain article), lors de notre périple au Népal nous avions tout d’abord rejoint depuis Kathmandou, le village de Shivalaya en mini-bus (12 h).

Nous sommes ensuite partis à pied jusqu’à Bandhar, où logeaient nos copains Philippe et Gyamou depuis déjà plusieurs jours. Kaji Sherpa, le frère de Gyamou, ainsi que Phurba et Ang Dawa nous attendaient à Shivalaya pour nous aider à transporter nos affaires.

Ayant l’habitude de toujours transporter nos affaires nous-mêmes, le principe de faire appel à des porteurs nous posait question. Avec 3 enfants, et en altitude, donc chargés (duvets, réchaud, …), il était difficile néanmoins de se débrouiller par nous-mêmes, comme nous en avons l’habitude lorsque nous voyageons à vélo ou à pied dans nos Alpes. Nous avons également vite compris que, pour les Sherpas, le métier de porteur est souvent un complément financier précieux et attendu dans l’année. Par ailleurs, les charges portées sont souvent bien plus raisonnables lors d’un trek avec des touristes, que les kilos transportés à dos d’hommes le reste de l’année pour les acheminements de marchandises, et les travaux agricoles (pommes de terre, etc…).

https://www.himalayanclub.org/hj/64/11/lowland-porters-in-the-solu-khumbu/

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Gomiti !

gomiti

Gomiti ! Premier (en sherpa) !

C’est avec grand plaisir que nous avons gagné le concours du Pocket Film 2014, avec le film « Le Népal à petits pas : Pikey Peak et colegram… » !

Les 3 pockets finalistes ont été projetés au Summum samedi soir (15/11/2014), dans l’ordre inverse du classement final (donc du 3ème au 1er). C’est avec beaucoup d’émotions que les enfants ont découvert le n°1 ! On a beaucoup pensé à Gyamou, Philippe, Dolma et Ditchen, absents lors de cette soirée, mais qu’on retrouvera, on l’espère, pour de prochaines aventures !

Une tablette iPad a été remise a Gaspard sur scène. Le plus dur reste à faire : voir comment on va partager cela entre 5 enfants, TAG et Dolma et Ditchen, sans oublier nos amis sherpas du Népal, sans qui cette petite expédition aurait été moins chaleureuse et tellement plus difficile !

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