Le Val di Pusteria

Samedi 21 juillet 2012 : première nuit des vacances, en Italie, au sud de Vicenza (Lago di Fimon). Nous découvrons avec plaisir ce petit agriturismo, petit camping à la ferme avec des poules en liberté, des chèvres dans un enclos. Après plusieurs heures de trajet un peu à l’étroit, les enfants sont revis de ce premier arrêt des vacances !
Nous testons pour la première fois le raccordement de nos deux tentes. Nous avons en effet opté cette année pour un système de tentes « à extension ». Notre tente Freetime (3,8 kg pour 3-4 places) qui nous a donné satisfaction en Norvège, et une tente Quechua 2’’ (2,4 kg pour 1-2 places). La 2’’ sera pratique à déplier rapidement pour créer un abri de fortune en cas de pluie, de sieste, etc… Elle s’insère parfaitement à l’arrière de la carriole. Les 2 tentes « se raccordent » entre elles en insérant l’entrée de la 2’’ dans l’auvent de la Freetime. Gaspard et Adélie dormirons dans le tente 2’’, ,nous dormirons dans la Freetime avec Titouan. Quand à l’espace central, entre les 2 tentes, il permet de stocker les sacoches. L’entrée générale se fait par l’ouverture à l’arrière de la Freetime.

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Cette nuit nous essuyons un premier orage avec une pluie modérée, l’étanchéité semble satisfaisante pour ce type de pluie, en s’assurant que chacune des tentes soit parfaitement tendue.

Dimanche 22 juillet : ça y est, c’est le départ, le vrai : à vélo !
Il pleuviote doucement, nous sortons l’équipement de pluie (pour la première et la dernière fois du voyage : nous ne savons pas encore que dans quelques jours, nous rêverons de quelques gouttes d’eau en plaine canicule avant Venise !).

 

Après être passés devant le refuge Auronzo à côté du parking, direction le refuge Locatelli. Nous nous arrêterons finalement au refuge Lavaredo, avant le passage du col Forcella Lavaredo. Les enfants sont fatigués par ces 2 jours de transit, et les premiers coups de pédales sur la piste montante et sous la pluie sont plutôt laborieux !
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Lorsque nous arrivons au refuge Lavaredo, le journée pour Seb ne fait que commencer. Il va redescendre la voiture (laissée pour l’instant au parking d’Auronzo), à Misurina. Puis il remontera les 700 m de dénivelée jusqu’au refuge. Cette manip’ de voiture est nécessaire pour faciliter la récupération de notre véhicule lorsque nous serons arrivés à Venise, et viendrons récupérer notre véhicule.
Mais alors qu’il est en train de remonter, et arrive en vue du refuge, la roue libre de son vélo casse subitement. Nous nous retrouvons à 2320 m d’altitude, en nous demandant un peu si la descente de notre barda, la remorque, etc… sera aisée, et si la réparation sera possible sans y passer toutes nos vacances !
Le vélo de Seb est bien chargé cette année : 2 sacoches avant, 2 sacoches arrière, la carriole de Titouan, soit environ 65 kg. Avec sa roue libre cassée, et sur un début de piste caillouteuse, on se demande, dans la fraîcheur du soir, si la descente de demain est envisageable ! En attendant, Seb démonte tous les pignons, et on va profiter de ce premier refuge tout confort, avec une chambre-dortoir rien que pour nous : demain sera un autre jour !Img_3666i4

Lundi 23 juillet : avant notre journée incertaine à vélo, nous décidons de profiter tout de même du site et partons pour une petite promenade au col Forcella Lavaredo, au pied des Tre Cime, on traitera les problèmes au retour ! Au col les enfants profitent des blocs pour grimper !

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Nous étions déjà venus dans le coin en 2006, avec Gaspard qui avait 2 ans.
Puis nous redescendons vers les lacs. Alors que ce matin, la montagne était déserte, aux environs de midi, c’est l’affluence, avec une chenille humaine ininterrompue qui se dirige vers le col. Il est temps qu’on s’échappe ! Heureusement pour Seb, ce n’est que de la descente, car la moindre petite bosse nécessite qu’il pousse son chargement.

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A partir du refuge Auronzo, la descente sur la route est raide (parfois 15%). Il vaut mieux avoir de bons freins. Quand à Adélie, ne lui faisant pas encore totalement confiance sur sa capacité à gérer ses freins sur une longue durée, nous préférons l’attacher avec le Follow-me.
Après le passage du péage pour les voitures, nous nous laissons glisser sur Misurina. Tandis que Seb continue sa descente sur Cortina, pour tenter de réparer son vélo dans la soirée, nous plantons nos tentes au camping de Misurina. Notre étape du jour est bien raccourcie, mais les enfants profitent pleinement du lac, avant que Seb rentre en soirée, avec un vélo tout réparé par les soins d’un petit réparateur au fond d’une rue de Cortina, une chance ! La soirée se poursuit au camping, nous sommes enfin prêts pour poursuivre notre aventure !

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Mardi 24 juillet : nous descendons le Val di Landro. Après quelques kilomètres de route, une superbe piste cyclable, non revêtue et très ludique nous attend. De jolis points de vue sur les Tre Cime jalonnent cette piste. La pause déjeuner se fait au lac de Dobbiaco. Après le repas, direction le lac, pour du vélo… sur l’eau : les enfants n’en ont donc pas assez de pédaler !
Un lac, des pédalos, des glaces… et un camping au bord du lac… difficile de motiver les enfants pour repartir ! Nous dormons donc ce soir à Dobbiaco.
 Mercredi 25 juillet : nous continuons à descendre le Val Pusteria. Les pistes non revêtues amusent beaucoup les enfants, avec une alternance de mini-montées et mini-descentes à chaque franchissement de cônes de déjection de torrents, occasion de se lancer des défis pour gravir ces mini-montées raides pour de toutes petites jambes !
La piste cyclable devient ensuite asphaltée et croise des pistes d’entrainement de ski de fond à roulettes. Au bord de la piste, nous trouvons régulièrement des abris dédiés au vélo (peut-être aussi au ski de fond l’hiver), avec tous les outils de réparation nécessaires mis à disposition.
Pour la pause du midi, nous montons manger près d’un château dominant le village de Welsberg, où nous avons préalablement fait les courses. Énormément de « produits bios et locaux » dans cette partie de l’Italie germanophone. Chargés de nos victuailles, la moindre montée devient rapidement éprouvante ! Heureusement les rois du vélo sont vite récompensés de leurs efforts, par des trônes de souverain et souveraine, des créatures magiques et des dragons jalonnant la forêt de Welsberg, qui semble enchantée.

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Vers 16 h, nous faisons une pause dans le village de Valdaora Sotto. Le jardin publis est composé de jeux en bois, avec des canaux munis de différentes vannes. Nos deux apprentis shadoks-hydrauliciens en oublieraient presque leur gouter ! De son côté, Titouan que l’on trouvait particulièrement calme aujourd’hui, est en fait sonné par un petit 38.5°C de fièvre.
Gestion de crise : nous arrivons au camping de Bruneck, en fin de journée. Nous avons prévu d’y rester 2 jours, afin de rayonner légers dans une vallée adjacente. Mais en arrivant…horreur : il est situé au-dessus d’une route nationale, et à l’aval immédiat d’une immense décharge que nous contemplons, sceptique… Le prochain camping, sur lequel nous n’avons pas d’infos, est situé à 8 km, et cela nécessite de remonter la petite descente qui nous a mené jusqu’ici. Autant dire, un Everest à franchir pour notre Gaspard un peu entamé par cette journée, et qui se faisait une joie d’être arrivé. Ne comprenant pas trop notre envie de repartir à nouveau, on le motive comme on peut, à l’aide de bonbons (bio ! si si, ça trouve très facilement dans le sud Tyrol !) et on repart.

 Et la persévérance paye : le camping de San Lorenzo est plein à craquer, mais on nous propose de nous installer, seul, sur la pelouse de la piscine ! Cet emplacement 4**** est adopté à l’unanimité ! Par le plus grand des hasards, nous bénéficions du plus bel emplacement du camping !

Gaspard saisi tout de suite mieux notre entêtement à ne pas avoir voulu rester au premier camping près de la décharge, et pique une tête immédiatement tandis que l’on monte la tente sous un pommier.

Jeudi 26 juillet : pour cette journée dite « de repos », nous partons en direction du château de Campo Torés. Petite frayeur en partant : tandis que nous terminons les préparatifs de la journée, les enfants s’amusent tranquillement sur l’aire de jeux du camping, mais restent introuvables au moment de partir. Nous cherchons partout (vérifons le fond de la piscine !!) et nous les retrouvons finalement au bout d’un moment à la ferme du camping qui élève des… lamas !
Pour que cette journée reste « du repos », nous décidons de faire la montée en bus, et uniquement la descente de la vallée à vélo. Après une négociation acharnée et pleine de suspens avec le chauffeur de bus, radicalement opposé au fait de prendre en soute 4 vélos et une remorque, nous arrivons à Campo Torés, village de l’himalayiste Hans Kammerlander. Rapide arrêt dans un « kebab » du village, tenu par un cubain qui nous explique en anglais son rêve de venir en France. Nous attaquons sur la digestion la raide et courte montée vers le château que nous visitons.Img_4248-m

Vendredi 27 juillet : nous reprenons la route en direction de la vallée de l’Adige. Nous perdons rapidement de l’altitude depuis plusieurs jours, les champs de maïs deviennent plus présents, et ferons ensuite place aux vignes. La chaleur fait son apparition et en nous quittera plus jusqu’à Venise.
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Vélo-glace : avec l’arrivée soudaine de la chaleur, pour nous qui venons des montagnes, ce concept plait beaucoup aux enfants !… et aux parents aussi ! Les pauses glaces se feront de plus en plus nombreuses à mesure que nous roulerons vers le sud. Pause méridienne dans le parc de l’église du village de Rio di Pusteria.
Des petites montées en plein cagnards, des pistes en forêt suffocante, un camping qui reste introuvable en arrivant vers Novalaise et son abbaye, tous les ingrédients d’une petite déprime et d’un coup de chaud pour notre Gaspard ! Nous trouvons enfin le camping, qui ne nous laissera pas un souvenir impérissable, malgré sa piscine en sous-sol : devant l’affluence, on doit partager une demi-place avec un camping-car, tout en payant une place entière ! Concept sardines en boite !

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