La descente le long de l’Apurimac

Ouh là  là !! On est en retard sur ce blog !! Bon on va tout de même continuer à dérouler la chronologie, au gré des possibilités de connexion internet, même si on a un peu avancé depuis !

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L’Apurimac est une rivière affluente de l’Amazone, ça en jette vu comme ça !

D’ailleurs, notre « philosophe-géographe », Gaspard, en train de soulager un besoin journalier au bord de la rivière, nous sortira pensif, « et dire que mon petit pissou va venir grossir l’Amazone, puis arriver dans l’Atlantique !… ». Bon au moins, il révise sa géographie…

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16 juin 2015

Jour de repos à Chalhuanca (Km 343). Au programme, baignade dans les sources chaudes, à 6 km en aval de la ville, en rive gauche. Nous y allons en taxi, la piste monte puis devient plus raide, et mieux vaut ne pas trop regarder en bas : la glissade est interdite, sous peine d’arriver directement dans l’Apurimac, quelques centaines de mètres plus bas ! En arrivant en haut, Adélie et Gaspard sont déçus, très déçus par le site, ils s’attendaient à des piscines naturelles, des vasques d’eau chaude, mais en fait c’est un site aménagé avec une piscine qui capte les eaux thermales, et des vestiaires, des toilettes…

Nous ne nous attendions pas du tout à ce genre de réflexion de leur part, eux qui n’hésitent pas à contester haut et fort, les plans « nature sauvage » mais parfois un peu « galères » de leurs parents ! Et voilà qu’aujourd’hui, contre toute attente, ils nous réclament, avec des trémolos dans la voie, un joli coin de nature non aménagé ! On aura tout entendu !

Finalement, la piscine dont l’eau sort à près de 50°C, les intrigue et les amusera un bon moment. Néanmoins, avec notre côté un peu parano, nous leur imposerons de ne pas mettre la tête sous l’eau, la propreté des lieux restant discutable…

Une fois sortis de l’eau, nous profitons de ce lieu paisible, offrant un panorama exceptionnel sur la vallée. L’atmosphère est déroutante : nous sommes auprès d’une piscine on ne peut plus classique, tandis que vaches et ânes broutent près de nous, attention d’ailleurs aux bouses de vaches avant d’aller se baigner !

Seul petit inconvénient, les moustiques : ils se ruent sur nous par dizaine. Oh, ils ne sont pas bien méchants, ce sont des espèces de petits moustiques miniatures, qui provoquent des dizaines de petits boutons rouges, mais qui ne grattent pas. Ils nous accompagneront une bonne partie de la descente de l’Apurimac !

17 juin 2015

La descente se poursuit dans une ambiance rappelant les vallées des Alpes-Maritimes, comme celle de la Roya. La température est douce, la végétation abondante, mêlant eucalyptus, et divers cactus. Nous croisons à plusieurs reprises des perroquets verts.
Nous achetons nos pic-nics du midi dans un petit restaurant du bord de route : chicharones de poulet et boeuf sauté (lomo saltado), que nous emportons pour manger au bord de la rivière. Le cuisto nous questionne longuement sur les spécialités culinaires françaises, il est très curieux de savoir ce que nous aimons manger. Difficile de résumer la richesse de la gastronomie française, avec nos quelques mots d’espagnol…

Nous dormons au bord de la rivière, au Km 383, dans un pré verdoyant. Décidément, après les moustiques, ce sont les araignées qui animent la soirée : elles sont présentes par dizaine, de toutes les tailles, des minuscules qui s’infiltrent dans la tente, au plus grosses d’une dizaine de centimètres, suspendues aux cactus, et qui rappellent les Bibes inoffensives de l’île de la Réunion, qui peuvent atteindre 15 cm, et sont accrochées partout. Ici, nous ne sommes pas allés leur demander si elles étaient venimeuses ou non, nous avons supposé que oui !

18 juin 2015

Nous poursuivons notre descente. Première frayeur ce matin, quelques kilomètres après le départ : alors que nous traversons un énième radier routier qui franchit le débouché d’une rivière affluente (issue d’un beau « coup de sabre » d’un canyon calcaire au km 384), la roue avant du tandem glisse et en quelques centièmes de secondes, Adélie et Ariane se retrouvent couchées par terre avec le tandem. Le sol est extrêmement glissant, recouvert d’une fine mousse verte, comme dans une rivière. Le genou d’Adélie présente un petit bleu, celui d’Ariane un gros bleu bien douloureux. Aucune casse sur le tandem, juste quelques déréglements assez vite réparés.

Au village de Santa Rosa nous croisons des cyclos en sens inverse, un tandem suisse et un solo allemand, qui viennent de Buenos Aires. Nous nous arrêtons pour la pause méridienne au 2ème véritable village de la vallée (à l’aval de de Chalhuanca), où il est possible de se ravitailler.
En début d’après-midi, le vent de face devient assez soutenu, nous imposant de pédaler fortement alors que nous sommes en descente.

Nous arrivons fatigués, au Km 440 au pied de la montée d’Abancay. Il reste 500 m de dénivelée, avec une pente soutenue pour arriver à la ville. Nous n’avons pas envie de dormir dans la vallée, et Gaspard ne se sent pas d’enchainer 15 km de montée en fin de journée, après une soixantaine de km de vélo usant sur la fin…
Alors que nous faisons une halte pour goûter, nous arrêtons l’un des rares minibus qui passe, il accepte nous nous emmener et nous chargeons, ni une ni deux, les vélos sur la galerie du toit. Nous sommes un peu inquiets de l’état dans lequel nous allons les retrouver à Abancay, mais le trajet est très court !

Cette partie de la vallée de l’Apurimac constitue un beau tronçon de liaison, agréable avec son profil descendant. Mais il ne faut cependant pas s’attendre à des étapes grandioses. Les lieux de bivouacs à l’abri du regard des routiers ne sont pas faciles à dénicher en dehors de ceux des km 383 et 424-425.

Lorsque Abancay se profile, ville sans charme, sorte d’immense garage à ciel ouvert (du moins ce que nous en appercevons de notre mini-bus), s’étageant de 2300 m à 2800 m, en pente extrêmement forte, nous prenons rapidement la décision que rejoindre Cusco peut nous permettre de faire du beau vélo hors de routes principales, dans des paysages plus montagneux qui nous correspondent mieux, et dans des espaces culturellement plus intéressants pour toute la famille. Lâcher les vélos pour visiter des sites incas, le pied léger, séduit nos 3 loulous, qui ont vaillamment pédalé ces derniers jours !

Nous questionnons le chauffeur sur la possibilité de continuer avec lui jusqu’à Cusco (3h45 de route). Devant la dizaine de passagers présents dans le mini-bus, il nous répond fermement non, mais nous propose de nous conduire à la gare routière, ce que nous acceptons. Puis, une fois seul avec lui, il nous propose de nous conduire finalement à Cusco. Son prix (50+300 soles) et sa manière de conduire étant correcte, le marché est conclut. Il s’arrête acheter une corde supplémentaire pour mieux accrocher les vélos, et en route : Cusco, ancienne capitale des Incas, nous voilà !

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