Pétroglyphes, géoglyphes, familyglyphes…

Ce matin, une fois les vélos chargés et avant de partir définitivement de l’oasis de Huacachina, nous accompagnons Titouan faire un tour de barque sur le lac, il nous le demande depuis notre arrivée, et son plaisir est immense une fois installés dans l’embarcation ! Même si Gaspard, à la manoeuvre de cette barque instable, manque de nous faire chavirer, et de coincer les doigts de son frère sous les lourdes rames en bois… normal quoi !

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photos à venir

Objectif du jour : rejoindre Palpa, 90 km plus loin. Nous savons que cette étape est infaisable pour nous en une seule journée, et nous ne souhaitons pas camper dans ce désert sans relief ou habitation permettant de planter notre tente en toute sécurité, traversé par la Panaméricaine. Nous décidons de rouler en première partie de journée, puis de terminer l’étape en stop. En milieu de journée, nous nous arrêtons pour nous préoccuper du moyen de transport qui va nous permettre de rejoindre Palpa avant la nuit (qui tombe vite ici, 17h30). Quelques minutes plus tard, c’est un bus de liaison inter-régionale (compagnie Flores) qui s’arrête à notre hauteur. En moins de 5 min, tous les vélos sont déchargés (10 sacoches, 2 big-bags, et un bric à brac composé de chapeaux, gourdes, et petites sacoches guidon qui attérissent dans un grand sac plastique), et rentrés dans les soutes à l’aide du chauffeur. Nous sommes fiers de notre temps record de chargement, surtout que le bus est plein à craquer, mais malgré tous nos efforts pour retarder le moins possible les voyageurs, nous n’empêchons pas un passager d’incendier notre chauffaur providentiel, à coup de « Vamos, vamos », un peu excité… Ce qui nous rassure, c’est qu’il continue ses esclandres à chaque arrêt, et pas uniquement pour les gringos de nous sommes !
A Palpa nous nous rendons dans une sorte de « camping » à la ferme (Mantigal), 2 km à l’écart de la ville, au milieu de vergers, et à proximité d’une source naturelle, aménagée en bassin de baignade. Nous terminons la soirée en haut de la vallée, au site de gravures rupestres de Chicchictara : au milieu d’un canyon aride, dominant la vallée verdoyante qui mène à Palpa, se trouve un site sauvage de blocs volcaniques gravés, vieux de 5000 ans. Les gravures représentent des animaux, des oiseaux, des figures géométriques, proches des gravures rupestres présentent dans les Alpes, et d’époque relativement contemporaine.

Le lendemain, nous prenons le direction de Nazca, 57 km, qui seront avalés entièrement par Gaspard ! Adélie a vomi toute la nuit, sans raison apparente, mais le matin elle est plutôt en forme. L’avantage du tandem, c’est qu’elle est assise et peu profiter du paysage sans pédaler, mais elle voudra tout de même aider lors des montées (300 m de dénivelées aujourd’hui). Le paysage est aride, et la chaleur bien présente. Mais plus que tout, ce sont les camions lancés à pleine vitesse dans ces lignes droites à perte de vue, qui nous perturbent. Ils sont généralement très prudents, et nous croisent très loin, à force de coups de klaxons, qui se veulent encourageants, mais nous font sursauter à tous les coups ! Heureusement, il s’agit de notre dernière étape sur la Panaméricaine.

Durant cette étape, nous traversons les géoglyphes de Nazca, composés de lignes géométriques à perte de vue, et d’animaux, colibri, singes, etc… A la sortie de Palpa, c’est le site de Llapata que nous découvrons en premier : il s’agit d’un site antérieur à la culture Nazca (époque Paracas), et qui à l’avantage d’être bien visible depuis la terre, puisque les figures antropomorphes ont été réalisées à flanc de montagne, et non sur le plan horizontal du désert. Un mirador bien aérien permet de prendre un peu de hauteur pour les contempler.

Plus loin, nous traversons les géoglyphes de Nazca, mais le mirador ne permet pas de prendre suffisament de hauteur pour distinguer les superbes formes, réalisées par les indiens Nazca. Elles ont été réalisées par déplacement des roches de couverture oxydées, laissant apparaitre un terrain sous-jacent plus clair. Plusieurs petits avions tournent au-dessus de nos têtes, pour visualiser les figures du ciel, mais nous préférons nous contenter des photos, les accidents d’avion étant assez fréquents sur ces sites…


Nous arrivons en fin d’après-midi à l’hôtel Oro Viejo, qui possède une petite piscine, grand luxe pour les enfants qui peuvent enfin jouer.

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Le lendemain, nous restons sur Nazca, pour visiter d’autres géoglyphes, ainsi que les aqueducs de Cantalloc.


Ces ouvrages de captage des eaux souterraines (composé d’une galerie horizontale pouvant être ramifiée et de regards d’accès) sont des témoins de l’ingéniosité hydraulique développée durant l’époque Nazca, pour irriguer ces zones arides. Il est admis que cette technique de captage gravitaire , particulièrement adaptée aux zones arides, a été développée en Iran ou à proximité (d’où le nom générique de qanat) il y a près de trois millénaires et qu’elle aurait ensuite diffusée en Asie centrale et en Afrique (Egypte, Algérie, Maroc notamment). Ici nous sommes dans un contexte différent et à une époque où les échanges entre l’Europe et l’Amérique étaient inexistants. Ces « puquios » constituent une innovation locale qui daterait du milieu du Ier millénaire AD. Une quarantaine de puquios ont été inventoriés autour de Nazca et ceux de Cantayoc sont également exmplaires par la forme de leur regards d’accès à la galerie. La forme en spirale des puquios de Cantayoc est unique (et également rencontrée sur un autre ouvrage de ce type un peu plus à l’amont dans la vallée).

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