Bicicleta en pays inca – Retour sur les parcours réalisés

Quelques semaines après notre retour, voici un petit retour en arrière sur les parcours réalisés (ou pas 🙂 ) lors de notre périple :
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  • La route (voire l’autoroute) entre Lima et Paracas a été parcourue en bus. Pas de regret. Ce désert côtier n’est pas spécialement esthétique malgré la présence de quelques dunes. A notre goût, ce parcours présente très peu d’intérêt à vélo, et un risque certain en termes de sécurité routière, notamment pour des enfants.
  • Nous avons préféré rebrousser chemin lors de notre tentative de traversée du désert côtier entre Paracas et Ica (via Carhuas), suite aux injonctions répétées des gardes à l’entrée du Parc, à propos des risques sécuritaires. Cela aurait pourtant été une belle aventure que d’arriver dans l’oasis de Huacachina par la piste des dunes ! Les quelques villages de pêcheurs à traverser ont mauvaise réputation, et certains seraient des refuges privilégiés pour d’anciens repris de justice… Pour les adultes (sans enfants) qui souhaiteraient sortir du grande axe goudronné de la panaméricaine et qui n’ont pas peur de pousser dans les quelques passages sableux, allez voir le site de Romain et Anne-Claire.
Lagunillas et ses excellents plats de poissons crus marinés

Le petit port de Lagunillas, porte d’entrée de la traversée du désert de Paracas

  • La Panaméricaine, entre Paracas et Nazca, possède un trafic routier assez dense (1 véhicule/3 min), avec de nombreux camions et bus. Jusqu’à Palpa, les paysages sont peu variés. A Palpa, les pétroglyphes de Chicchitara sont spectaculaires et peu connus (possibilité d’y aller en taxi, en 20 min). N’hésitez pas à faire le détour au mirador des géoglyphes de Palpa (« la familia Paracas », de la période Paracas au début de notre ère) car finalement ceux de Nazca (plus récents) sont moins impressionnants si on ne fait pas le tour en avion. S’il vous prend l’idée de shunter une partie de la panaméricaine côtière, sachez que l’on trouve facilement des camions et que l’on peut faire du stop en arrêtant les bus à peu près n’importe où.
Géoglyphes

Panaméricaine depuis le mirador de Nazca

  • La grande montée de Pampa Galeras à partir de Nazca (on quitte la Panaméricaine pour la Transocéanica) fait peur compte tenu de ses dimensions (3600 m de D+, 100 km). La route est longue mais finalement, en prenant son temps (3-4 jours) et  grâce à sa faible pente régulière (5-6%), elle permet de s’acclimater progressivement à l’altitude. Par contre, dans les rares hameaux rencontrés (et notamment celui du km 52), c’est ambiance « Bagdad café » (expression reprise du livre des Mercat). Bien penser à prendre beaucoup d’eau, 1.5 à 2 L/pers./jour dont une partie peut se faire déposer, par des véhicules, au pied des régulières bornes kilométriques. En hiver (juin-août), entre 1000 et 2500 m, le fond de l’air n’est pas si torride (~ 30°C), même si le soleil tape fort (on n’est pas loin de l’équateur). Par ailleurs, à la fin de la journée, vous risquez d’être devenu sourd ; les sympathiques chauffeurs de camions n’hésitent pas à vous klaxonner en vous dépassant, pour vous encourager ! Beaux paysages entre le col de Pampa Galeras (4170 m) et Puquio, avec de l’eau et de la végétation qui contrastent avec l’aridité de la montée.
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Dans la montée « galère » (!) de Pampa Galeras

  • La Transocéanica entre Nazca et Abancay (puis Cuzco) traverse de beaux paysages d’altiplano, parsemés de lacs d’altitude (lagunas) dans lesquels les péruviens pratiquent la pisciculture des truites (truchas) en particulier. Malgré la beauté des paysages, nous avons ressenti un petit sentiment d’inachevé dans le choix du parcours. En effet, cela reste un grand axe routier (bien adapté pour « faire du km ») et les échanges que nous avons pu avoir dans les petits villages accueillant les camionneurs n’a probablement pas grand-chose à voir avec ce que nous aurions pu partager le long de pistes non asphaltées traversant des villages plus reculés. Rejoindre le sud de la France par la Nationale 7, n’est pas représentatif de la diversité des paysages et des hommes que l’on peut rencontrer dans notre beau pays. Eh bein ici, c’est la même chose ! On se console en se disant que de toute façon la mythique traversée du Peru’s great divide était inaccessible, en termes de difficulté, avec des enfants.
Départ de Negro Mayo

Départ de Negro Mayo, village typique de l’altiplano péruvien (4560 m)

  • Notre boucle dans la vallée sacrée des Incas était bien taillée pour le vélo en termes de pente.Entre Urubamba et Pisac, la circulation routière est assez soutenue, et la route n’est pas très large. Ne pas hésiter à sortir de la route entre Cuzco et Ollataytambo pour profiter des nombreuses pistes (laguna Puray, tronçon au dessus de Maras, …) du plateau de Chinchero (qui devrait bientôt accueillir l’aéroport international de Cuzco). Une mention spéciale pour la belle piste qui traverse les salines de Maras, qui devient de plus en plus petite au fur et à mesure de la descente, en se transformant en véritable single track pentu sur le bas du parcours !
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Vallée sacrée des Incas – Site de Machucolqa

  • Le trek sur le tour de l’Ausangate, nous a permis de faire autre chose que du vélo, et de découvrir des paysages splendides, dans une région aux cultures ancestrales bien présentes. Cf. Autour de l’Ausangate.
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Sur le tour de l’Ausangate

  • Le tour du lac Titicaca par les pistes de la rive orientale est vraiment à conseiller. Malheureusement, à cause des formalités administratives, le trajet ne devra pas dépasser 5 jours entre Puno et la frontière bolivienne. Nous avons pu respecter ce timing en associant le vélo et le bateau afin de rejoindre la péninsule de Capachica, très sympa à vélo. Le tronçon entre Capachica et Escani puis la vingtaine de km de piste avant Moho constituent les plus belles parties du tour du lac. A Tilali, gardez de l’énergie pour passer la frontière via une piste difficile ; la fin de la descente sur Puerto Acosta est vraiment très rugueuse.
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Sur la péninsule de Capachica

  • L’absence d’infos sur la traversée de l’Isla del Sol avec des vélos (cyclo et même VTT) ne laissait pas augurer de bonnes choses. Quelques photos du parcours de crête nous suggéraient pourtant que cette traversée pouvait être réalisable. La remontée des escaliers Incas de la partie nord de l’île (pendant 1 km environ) avec nos vélos chargés, et surtout une carriole encombrante, a eu raison de notre motivation (pas facile de trouver des ânes de bat sur l’île). Demi-tour puis bateau-stop pour rejoindre la terre ferme à Yupata, au nord de Copacabana. Si vous disposez de vos vélos sur l’île (aucun vélo, ni moto sur l’île), cela doit pouvoir être possible (sentier assez large) de tenter la traversée en étant léger (sans carriole et tandem !) et en sachant que cela nécessitera plusieurs portages physiques. Sinon, laissez vos vélos sur « le continent » !
Chall'pampa, Isla del Sol

Chall’pampa, Isla del Sol

  • Dès que l’on quitte la rive du Titicaca (vers Batallas) jusqu’à El Alto (faubourg de La Paz), la route devient nettement moins intéressante. De plus, elle est en travaux (en 2015) pour être transformée en autoroute (doble via). Par contre, la descente dans le chaudron de La Paz, depuis El Alto est vraiment spectaculaire, avec l’Illimani en toile de fond. Privilégiez la autopista (a priori autorisée aux vélos) pour descendre avec une faible  pente régulière. Attention néanmoins au trafic (on est sur une autoroute !) même si la bande d’arrêt d’urgence est plutôt bien adaptée aux vélos. Pour ressortir du chaudron, passage obligé à El Alto et donc remontée difficile. Comme Pauline et Clément, essayer de négocier pour mettre les vélos dans le nouveau téléphérique (pas facile, théoriquement c’est interdit) et ainsi sortir « proprement » et en toute sécurité de La Paz.
La Paz

La Paz dominé par l’Illimani (6438 m)

  • Les salars du sud-ouest bolivien. Le salar de Coïpasa est vraiment à conseiller, notamment avec des enfants. Plus petit (40 km de traversée) et plus sauvage que son grand frère, le salar d’Uyuni, il est particulièrement esthétique.
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Quelque part sur le salar de Coipasa

Sans vent, la partie la plus difficile est de loin la liaison inter-salar (un petit aperçu du Sud-Lipez !), avec notamment un col très pentu sur son versant nord-ouest. Si vous avez du temps pour faire un petit détour, préférez accoster sur l’isla del pescador plutôt que sur l’ilot très touristique d’Incahuasi. Si le vent est installé, préférez alors dormir sur le littoral ou sur les iles pour trouver un abri. Au contraire, en cas de météo calme, planter la tente/carpa (attention les piquets classiques ne sont pas suffisamment costauds) au milieu des salars est une expérience unique dans ces paysages extraordinaires.

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Piquet de tente (clavo para campar) renforcé (fer à béton de 6 mm, travaillé) acheté à Copacabana

  • Le désert du Sud-Lipez (Cf. Sud Lipez – Part. 1 : « Des vélos dans un grand bac à sable », et Sud Lipez – Part 2 : « Sauve qui peut ! Par ici la sortie ! »). Un bout de lune sur la Terre ! Un désert froid d’altitude (entre 4000 et 5000 m) dans lequel on se sent tout petit (d’autant plus pour les enfants !) lorsque la météo se dégrade. En août et septembre, c’est également la saison du vent dont il est difficile de se protéger (les reliefs arrondis ne forment pas de réelles barrières au vent).  Durant notre traversée (début août), nous avons le plus souvent eu le vent dans le dos (direction dominante nord/nord-ouest).  Difficile néanmoins d’extrapoler notre expérience ; la direction du vent varie beaucoup d’un jour à l’autre et même au sein de la journée. Des pistes de qualité très inégales laissant encore la part belle aux passages sableux et à la tôle ondulée. Même si la qualité de la piste semble s’être améliorée depuis la 1ère édition du guide Cycling in South-West Bolivia, il reste encore des passages difficilement roulables. Cette roulabilité semble varier au cours de l’année, probablement en lien avec la fréquence de l’entretien …
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Sud-Lipez : Gaspard, le vent, le sable, la tôle ondulée… tout un programme !

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